The Social Network de David Fincher

Sentez-vous cette fureur, chers lecteurs ? Cette noirceur et ce violon qui ne cessent de jouer entre eux ? Le visage patibulaire du violoniste et cette verve dans la façon de parler de la noirceur ?

C’est normal vous regardez The Social Network. The curious case of Benjamin Button était incontestablement le meilleur film de l’année 2009 (avec Bronson).

Cette poésie et ce lyrisme à tomber par terre m’avaient complètement séduit en plus d’un casting quatre étoiles étincelant de brio. Et alors que Facebook ne cesse de prendre de l’importance de la vie sociale de 500 millions de personnes, Fincher a eu une idée. Le roi de l’adaptation cinématographique (quatre de ses cinq derniers films sont des adaptations de livres) décide cette fois-ci de reprendre le brillant livre de Ben Mezrich pour mettre en scène un film sur Facebook. Ou plutôt sur son processus de création et les conséquences de cette création. The Social Network est surtout l’oeuvre d’un perfectionniste. David Fincher décide enfin d’aligner l’esthétisme et l’intelligence du scénario écrit par Aaron Sorkin pour livrer un film complet.

Dès la première scène, dialogue entre Mark Zuckerberg et sa petite amie en forme de ping-pong (c’est totalement délirant !), Fincher veut imposer le tempo du film. Il veut que ça aille vite et que ça fasse mouche. Les dialogues finement ficelés frappent fort, amusant parfois certes, mais cherchant plus à faire avancer « l’enquête ». Car on peut aussi trouver The Social Network comme une enquête. Pas aussi violente et bâclée qu’un épisode des Experts d’accord, mais cherchant à montrer point par point les étapes d’un processus qui a ravagé énormément de choses : l’amitié entre Saverin et Zuckerberg, le porte-monnaie de Zuckerberg en a pris un coup (mais on en s’en fout, il est milliardaire). Le film cherche aussi à montrer combien la vengeance de Zuckerberg, ce nerd habillé en jogging-claquettes, a été violente. Son personnage, interprété par un Jesse Eisenberg brillant, ne cesse de prendre du pouvoir et son ascension fulgurante montre aussi son arrogance et sa fragilité décuplaient. S’ensuit une tension qui ne cesse de grandir, la mise en scène de Fincher devient de plus en plus nerveuse voire très tendue et la musique de Trent Reznor et Atticus Ross prend une place de plus en plus importante. La tournure du film deviendra dramatique à la fin (Zuckerberg est seul de chez seul maintenant) et la conclusion relativement calme alors que l’on attendait quelque chose de furieusement violent. Et oui Fincher peut aussi surprendre…

Et même si le film n’est ni un film pro-Facebook, ni un biopic sur son créateur, il est néanmoins un drame où la violence des échanges et l’esthétisme de la mise en scène de Fincher s’allient pour former un ensemble parfaitement opaque, une œuvre complète, insaisissable et brillante une nouvelle fois signée Fincher. Un grand film quoi !5 étoiles

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