Drive de Nicolas Winding Refn

Drive

Drive, réalisé par Nicolas Winding Refn
Interdit aux moins de 12 ans
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston et Ron Perlman
Scénario : Hossein Amini, d’après le livre de James Sallis
Durée : 1h40 / Date de sortie : 5 octobre 2011

En un peu plus de dix ans, Nicolas Winding Refn a su imposer son cinéma comme étant un cinéma dur mais beau et surtout très esthétique et esthétisé. En réalisant Drive, NWR veut frapper fort en signant une œuvre vintage, fragile et un hommage poignant aux films de série B. Et pourtant, il y a deux ans déjà, Refn signait, ce qui reste pour moi l’un des meilleurs films que j’ai vu depuis ces cinq dernières années, Bronson, biopic violent et hystérique sur le détenu le plus dangereux d’Angleterre (pas l’acteur moustachu, hein ?). Un film qui laissait déjà présager un avenir radieux pour le réalisateur. Puis, il revint, l’année dernière, avec l’étrange et abasourdissant Valhalla Rising avec son acteur fétiche Mads Mikkelsen. Sur ce film-là, je suis resté plus perplexe étant donné que la cruauté et la froideur des images m’avaient légèrement dégoûté.

Directement, Drive annonce la couleur ou plutôt à quoi il faut s’attendre lors de la première partie. Car l’on pourrait distinguer deux parties dans Drive : la première qui se nommerait “The Driver” étant donné que l’on apprend à connaître le personnage plutôt mystérieux de Ryan Gosling et la deuxième partie “La guerre est déclarée” qui montre la vengeance de The Driver. Drive est basé sur des références très 80’s et sur un silence montrant la tension présente à tout moment avec le personnage de Ryan Gosling. Et dès le génrique, NWR sort sa panoplie de références aux films de série B, cherchant à tout prix et avec un certain brio, à rendre son film élégant effaçant les nombreux clichés du genre et rendant son oeuvre comme un thriller teinté aux chansons volontairement féminines. Car, à la surprise générale, Drive n’est pas seulement réservé aux gros durs mais il est aussi conseillé aux femmes car Drive est aussi une romance particulièrement subtil. Cette romance entre Ryan Gosling, brillantissime en lonesome boy aux allures de Steve McQueen, et Carey Mulligan, divine et tout en retenue, apporte une certaine fragilité au personnage de Gosling lui apportant un charisme et une classe qui rappelle à certains moments le grand Marlon Brando. Puis, dans la dernière demi-heure, Refn s’amuse, revenant à ses premiers amours, c’est-à-dire la violence.

En une demi-heure, Refn balance avec une certaine barbarie toute l’hémoglobine qu’il a en stock (notamment dans la scène de l’ascenseur, étonnante contradiction entre l’amour et la brutalité soudaine du personnage accompagné par un magnifique jeu de lumière). A ce moment-là, tout dégénère, devenant une chasse à l’homme tendue finissant par une sorte de twist ending plutôt bien foutu.

Avec Drive, Nicolas Winding Refn signe un premier chef d’oeuvre, sulfureux mélange d’élégance, de violence et de romance emmené par un Ryan Gosling qui a tout pour devenir un grand, prouvant de manière incontestable que NWR en a encore sous le capot.5 étoiles

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