The Artist de Michel Hazanavicius

Je ne vais pas vous mentir, chers lecteurs, mais j’ai attendu avec une impatience extrême, The Artist. Premièrement car le pari était osé, voire impossible. Le but : créer un film en noir et blanc et en muet. Un comble pour une époque où le public est dopé à la 3D et où les effets spéciaux rayonnent l’écran numérique.

Deuxièmement, car Michel Hazanavicius…c’est Michel Hazanavicius ! En clair, pour ceux qui ne connaissent pas encore son nom, c’est probablement l’un des réalisateurs français les plus intéressants du moment (avec bien sûr le très américain Michel Gondry). Alors que l’on croyait que Hazanavicius nous avait laissé le grand sourire aux lèvres avec les excellents deux premiers volets de la saga OSS 117, Hazanavicius ne fait plus qu’intéresser, il brille maintenant de milles feux avec The Artist.

Dès l’introduction, il impose le tempo.

Il ne veut pas seulement rendre un hommage au cinéma des années 20, mais il veut aussi montrer son amour pour le cinéma. Tout est très maîtrisé, de la musique omniprésente et pourtant si importante de Ludovic Bource (déjà à l’origine des musiques des OSS 117) jusqu’au choix du casting (un casting très américain pour montrer la puissance du cinéma américain à l’époque), Hazanavicius montre aussi le talent qu’il a dirigé ses acteurs. Je parle bien sûr de Jean Dujardin et de Bérenice Bejo, et même si je préfère nettement la performance de Dujardin, comme habité par son rôle de Georges Valentin, acteur qui vit mal de devenir un has-been et surtout vexé par le fait que le cinéma muet ne soit plus qu’une image du passé. Sa gloire passée devient alors une vie dans le chaos, la pauvreté et la tristesse. Mais dans ce petit bijou, on trouve aussi la ravissante Bérenice Bejo, qui passe du rôle de simple « OSS girl » au rang d’actrice importante. Pour dire, on la voit autant que Dujardin dans le film. Elle arrive à retranscrire une fraîcheur et un sourire au film faisant passer The Artist du rang de film dramatique au rang de comédie.

Sans oublier la scène finale, magnifique, pétillante et plutôt impressionnante de maîtrise, prouvant que Hazanavicius a respecté le pari jusqu’à la fin en laissant le spectateur, le grand sourire aux lèvres, ne demandant qu’une chose : une autre tournée.

The Artist a malgré tout quelques défauts, certes minimes mais remarquables, avec des irrégularités dans le rythme – car c’est vrai que l’on s’ennuie par moments… – mais aussi un scénario trop simpliste reposant sur certains clichés du film romantique. Mais, même si l’on lâche une ou deux larmes au milieu du film, The Artist reste une comédie audacieuse, emmenée par une mise en scène très réussie, émouvante et qui nous montre encore une fois que le cinéma de Hazanavicius peut encore s’améliorer et que, peut-être, il pourra nous offrir un grand film la prochaine fois. En attendant, on continuera à regarder The Artist pendant des années grâce à la performance éblouissante de Jean Dujardin en espérant qu’il triomphera peut-être aux Oscars en février prochain.

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