The Green Hornet de Michel Gondry

 

Michel Gondry a su s’imposer, au fil des années, comme un réalisateur qui n’aime pas faire comme les autres. Il a su employer des acteurs dans des registres à contre-courant (Jim Carrey dans Eternal Sunshine of the spotless mind) et a su montrer qu’il avait la patte d’un réalisateur à la fois hors du commun et dans la profonde quête de l’originalité. Après nous avoir appris que tout le monde pouvait réaliser un bon petit film dans Be Kind Rewind, il livre un film qui sonne comme un message plein de tristesse (parce que Hollywood est au bord de la rupture artistique), au résultat qui à la fois étonne…et dépote.

The Green Hornet, ou l’appel à l’aide des grosses productions qui ne savent plus pondre un bon gros film où les rétines en prennent plein la vue et où la musique t’explose dans les oreilles. Et pourtant quand on regarde The Green Hornet, on se doute même pas que ce film 100% mister muscle est signé par Gondry, l’artiste qui a fugué la France après avoir découvert que Kad Merad et Arthur… ça peut faire des ravages. Pour son premier film sur commande, Gondry aurait pu nous livrer un film totalement bâclé. Un foutoir pyrotechnique qui aurait fait passer Gondry dans la case des réalisateurs qui, maintenant, se la pètent. Mais c’est l’inverse, avec The Green Hornet, Gondry s’amuse comme un enfant à tout faire exploser et il envoie, avec classe, valser tous les clichés du genre. Car si vous vous étiez imaginer voir un grand musclé en collants, au destin brisé et à la vie misérable, vous vous trompez. Brett Reid (Seth Rogen) est tout à fait l’inverse. Il est ce petit gros, richissime et fêtard, qui ne cherche qu’une chose : à se faire remarquer. Son fidèle acolyte, Kato (Jay Chou), est tout à fait l’inverse. Il est orphelin, a vécu une enfance difficile et il est brillant en arts martiaux.

Voilà les deux personnages principaux du film et quand ils sont ensemble, ils frappent fort. Le duo brille de mille feux, tel un Laurel et Hardy moderne, à travers des combats impressionnants visuellement mais qui sont malheureusement trop rares. Car The Green Hornet a beau être un film d’action pur et dur, mais il ne profite pas pleinement de cette ambiance hystérique et Gondry ne laisse que des miettes de son énergie et rentre trop facilement dans le cinéma hollywoodien à travers un festival pyrotechnique dispensable. Le scénario devient alors trop simpliste, devenant un combat inégal entre le Green Hornet et le méchant du film, Chudnofsky, interprété par un Christoph Waltz qui lui aussi réalise une performance moyenne. A la place de rendre son personnage hystérique (comme au début, avec la scène avec James Franco, hilarante), il le transforme en un égocentrique qui se prend pour un demi-dieu qui a tort sur énormément de sujets, certes, mais qui finit toujours par avoir le dernier mot. Mais s’ajoute malheureusement aussi la présence totalement inutile de Cameron Diaz à ce joyeux festin, jouant le même rôle depuis plus de dix ans, la « madame » qui ne se laisse pas avoir par les autres soi-disant parce qu’elle est plus brillante. Puis, dans une dernière demi-heure où le sympathique festin est à son apogée, le film part dans un bordel pyrotechnique au résultat attendu et peu surprenant, arrivant comme un point d’orgue logique pour un film hollywoodien.

 En clair, The Green Hornet est un film bien sympathique, rythmé et spectaculaire, emmené par un Gondry au summum de la classe, mais qui a tendance à rester le cul entre deux chaises, valsant entre la simplicité du gros film hollywoodien et entre la complexité visuelle qu’il apporte à son film.

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