Johnny English le retour de Oliver Parker : Nanar quand tu nous tiens…

 

Huit ans. Huit ans putain que le Atkinson n’avait endossé le fameux costume de Johnny English. Logique, le monsieur, connu et reconnu pour son rôle culte de Mister Bean, se fait de plus en plus rare. Et c’était avec une certaine excitation et une certaine appréhension qu’on attendait le retour d’Atkinson dans le rôle de Johnny English. Même si Johnny English était loin d’être un chef d’oeuvre, il était quand même plutôt super sympathique pour tout décérébré en manque de parodie sur l’autre espion de sa majesté, James Bond. J’y suis allé alors que le syndrome Tintin frappe depuis plusieurs semaines sur le box-office français et que le cinéma français ne cesse de se révolter (je parle bien sûr des succès du magnifique The Artist et de Polisse) depuis quelques semaines. Bien sûr quand on va voir Johnny English, il ne faut pas s’attendre à un scénario hyper complexe dans le pur style de Christopher Nolan (pour ne citer que lui), ni à l’émerveillement visuel à la façon de NWR.

Johnny English est clairement destiné à un public que l’on jugera de…différent. Mais pourtant, même en y mettant la plus grande volonté du monde à rentrer dans l’ambiance de cette suite tant attendue, le résultat sonne creux. Très creux.

Johnny English le retour aurait pu être tellement jouissif à regarder si la mise en scène et le casting du film n’avaient pas été si mal foutus. Oliver Parker, méconnu remplaçant de Peter Howitt, foire totalement sa mise en scène. Faisant plus penser à un téléfilm du dimanche après-midi ou à un film sorti en « Direct-to-Dvd », la mise en scène est apathique, catastrophique et sans originalité. Parker ne fait pas finalement que reprendre les idées de mise en scène de Howitt, il l’a copie intégralement. Et en plus de cela, la chute de Parker est aussi totale dans le choix des acteurs. On attendait le retour d’Atkinson avec impatience, mais sa performance est telle que le film ne devient plus qu’une grande désillusion s’inscrivant de façon féroce au panthéon des navets. Car Atkinson, apparemment en roue libre totale, ne cesse de faire le pitre pour tenter de façon déplorable de faire rire les 6-10 ans de la salle. Grimaces, quiproquos insupportables et incessants, c’est la recette d’Atkinson. Et ce qui était appréciable auparavant, nous montre que Atkinson n’a plus de recette miracle pour faire rire de façon plus…subtil. Les autres acteurs, pourtant relativement connus (Dominic West, Rosamund Pike, etc…), semblent totalement perdus dans le film préférant laisser la place à Atkinson. Une grosse erreur sachant pertinemment que la performance d’Atkinson est pitoyable. De plus, le contenu du film est totalement vide. Devenant une grosse machine blockbusterienne, cette suite perd le charme de son premier épisode pour laisser place à des effets spéciaux aussi moches que dispensables et une happy-ending déjà-vue, revue et re-revue ! Enfin bref, Johnny English le retour est probablement l’une des suites les plus inutiles de la comédie anglaise. Une parodie prétentieuse, truffée de gags insupportables, emmenée par un Atkinson en roue libre et par une mise en scène digne d’un téléfilm 100 % TF1. On continuera à gueuler sur tous les toits de France que huit ans pour attendre un tel résultat, c’est aussi incroyable qu’honteux.

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