Les Aventures de Tintin : le secret de la licorne de Steven Spielberg

Spielberg, le maître du spectacle à l’américaine, dopé à la pyrotechnie et adorateur des nouvelles technologies, nous livre avec Tintin son premier film depuis trois ans après son Indiana Jones 4. Et le monsieur ne s’attaque pas à une simple bande-dessinée, mais à un mythe. Avec le Tintin de Hergé, en plus de réhabiliter à la motion-capture une œuvre mythique de la culture populaire, il réalise aussi un projet vieux de vingt-cinq ans. Ayant attendu durant ce quart de siècle que la technologie puisse se développer, il nous livre aujourd’hui un film divertissant et une merveille visuelle indéniable.

Le Tintin de Spielberg est d’abord une œuvre moderne qui a trop souvent tendance à tomber dans la structure hollywoodienne. Préférant se lancer dans un festival pyrotechnique au lieu de se lancer dans un authentique hommage au petit journaliste belge, Spielberg brille autant qu’il étonne. Tout d’abord, on peut dire que Tintin risque de faire grimacer les puristes. Loin des enquêtes sobres et fantaisistes menées par Hergé, Spielberg insuffle à son Tintin une âme de film d’aventures. Tintin est donc à conseiller aux personnes cherchant tout d’abord un film spectaculaire, et une fresque grandiose où la beauté visuelle explose dans les pupilles du spectateur. Et pourtant, la motion-capture, tant déplorée par les critiques, me plaît vraiment. Elle apporte peut-être un manque d’émotion sur les visages des personnages certes mais elle favorise nettement les scènes où il y a des explosions. Ce qui rend rapidement le tout très jouissif à regarder. De plus, grâce à cette motion-capture, le film devient alors très différent apportant une virtuosité et une fluidité à la mise en scène de Spielberg. Puis, la 3D, pourtant objet marketing pitoyable redoré par un certain James Cameron, prend une place très importante dans le film et une certaine profondeur dans l’image, qui rend le spectateur comme témoin des actions (la scène d’arrivée à Karaboudjan, Wouah!). Malgré tout, on retrouve les défauts du gros blockbuster c’est-à-dire une certaine vulgarité en trop et une authenticité perdue dans sa tentative d’adaptation fidèle. Mais pourtant, pendant ces presque deux heures, Tintin a de la gueule, mais la tentative d’affection pour les personnages ne fonctionne pas. Tout d’abord, Haddock montre un visage d’un homme détruit par l’alcool, mais Serkis, pourtant connu pour avoir tourner énormément de films en mo-cap, est brillant mais la fantaisie initiale du capitaine Haddock disparaît au détriment du côté nostalgique et dramatique. Jamie Bell, qui interprète Tintin, n’arrive pas à rendre son personnage charismatique et le gentil petit Tintin devient aussi froid qu’un Mister Freeze. Mais ce qui aura manqué à ce Tintin est peut-être ce manque de nostalgie. Puisque les scènes de flash-back sur l’ancêtre d’Haddock sont tout bonnement géniales (sorte de complément beaucoup plus réussi d’un Pirates des Caraïbes, où Spielberg réussit à réunir le spectaculaire et le spectateur).

Et même si Spielberg insuffle à un vent nouveau à l’univers très sobre de Tintin, son film n’en reste pas moins un Indiana Jones dans une version mo-cap où Spielberg maîtrise avec une main d’acier un univers visuel, pourtant déploré par les tintinophiles, donnant un aspect épique et une grandiloquence à son Tintin pour livrer une sympathique adaptation d’une bande-dessinée qui reste encore dans les mémoires de nombreux lecteurs. Puis, malgré la froideur des personnages et le fait que son adaptation ait un accent trop poussé sur le spectaculaire, Tintin fera forcément l’unanimité sur un point : sa force à faire palpiter le spectateur. En clair, une expérience ciné, au plaisir coupable, réussie mais qui a tendance à en faire trop, au mauvais moment.

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