Le complexe du castor de Jodie Foster

C’est en mai 2011, lors d’un passage éclair par le Festival de Cannes (question de pub…), que Jodie Foster a présenté fièrement son dernier bébé, Le complexe du Castor. Quinze ans que la madame n’était pas retournée derrière la caméra, probablement trop débordée à tourner des nanars à la pelle, mais pourtant selon la presse du monde entier (sauf chez les Américains qui arrivent plus à blairer le roi des gaffeurs, Mel Gibson), le Complexe du Castor (ou The Beaver selon nos amis les américains) avait tout de la bonne surprise.Ne croyez donc pas qu’avec une introduction agressive et bourrée de mauvaise foi, j’allais cracher directement sur le Complexe du Castor, mais ne croyez pas non plus que je vais crier au chef d’oeuvre car The Beaver pue les bons sentiments mais réussit à faire le boulot avec les moyens du bord.

Avec The Beaver, dès les premières minutes, on croit tomber sur une comédie. Une bonne en l’occurrence tant le personnage de Gibson fait marrer en dépressif. La mise en scène, plutôt épatante pendant une demi-heure, montre que Gibson en a encore sous le capot et qu’il peut aussi faire des rôles à contre-courant bien loin du misérable Hors de contrôle ou du cultissime Mad Max. Les premiers contacts entre lui et le Castor sont absolument jouissifs, mais le résultat capote rapidement, non pas à cause de la structure de la mise en scène de Foster (on sent que la madame s’amuse…) mais à cause de l’histoire et dans les personnages. Là où le film divertit, le film patine aussi. Les trente premières minutes, indispensables au film pour ne pas passer pour un drame pur et dur bourré de clichés, sont malheureusement les seules qui arrivent à faire tirer, ne serait-ce, qu’un léger sourire au spectateur. La suite virevolte entre le ridicule et l’acceptable. Les séquences sont répétitives à souhait et la crise d’adolescence entrepris par le personnage du jeune Anton Yelchin est au summum du ridicule. Yelchin, pourtant très bon dans des films comme Alpha Dog où il montrait l’image d’un ado rebelle et totalement perdu, ressort dans sa performance, tous les clichés du genre : le gamin qui tape dans les murs quand il est en colère, le gamin mal dans sa peau, etc… Tout ce qui peut emmerder le spectateur mais qui émerveillera les jeunes filles dopées aux histoires à l’eau de rose. Malgré cette mauvaise façon de voir les personnages, Judie Foster arrive à produire une mise en scène sympathique, malheureusement dénuée de cruauté -ce qui est bien dommage…-, arrivant à allier humour et véritable sens dramatique et, malgré les nombreuses répétitions et l’ennui qui s’installe au bout d’un moment, The Beaver est un film où la médiocrité est égale à la véritable réussite du film. En clair, Gibson est plutôt bon pendant tout le film, la fin est un peu foireuse (tout est bien qui finit bien, une happy-ending à l’américaine quoi !), la mise en scène de Judie Foster zigzague entre la véritable réussite d’avoir su allier l’humour et l’aspect dramatique sur un personnage totalement perdu et mal-mené par un castor fielleux mais le résultat fait aussi penser à un ridicule salmigondis tant la répétition des scènes énerve.

Puis, derrière cette mauvaise foi tordue et cette extravagante analyse, se cache malgré tout un divertissement acceptable qui confine parfois au déplorable, brisant le cœur des jeunes mielleux que vous êtes, en plus de remplir le porte-monnaie d’une Jodie Foster qui vous fera un petit clin d’oeil en cachette dès que vous aurez dédaigné acheter son DVD.

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