Submarine de Richard Ayoade

La révolte du cinéma indépendant a commencé depuis bien longtemps et ce n’est surtout pas Richard Ayoade qui va s’en plaindre. En juillet 2011 sortait son premier long-métrage, Submarine. Passé totalement inaperçu dans les salles françaises grâce à une incroyable exploitation (60 salles environ malgré le fait que le film soit produit par Ben Stiller) et quasiment lynché par une presse française qui n’a plus d’yeux que pour le trio Wright-Frost-Pegg, je découvre cet étrange film lors de sa sortie en DVD.

Même si la bande-annonce très alléchante nous laissait imaginer une fresque amoureuse version teenagers loin de tous les clichés du genre, Submarine se distingue plus par sa mise en scène, aussi irrégulière que fascinante, et par son étrange façon de voir la jeunesse d’aujourd’hui. Loin de la jeunesse indé imaginée par Jason Reitman dans Juno, qui reste la référence dans le genre de la love story teenage, Ayoade voit une jeunesse poétisée, carburant aux films d’auteur et désespérément mélancolique. La preuve vivante est son personnage principal, Oliver Tate, sorte d’étrange mégalomane qui se voit déjà dans le costume de grand poète et qui croit totalement en sa love story avec sa petite copine, pyromane à ses heures perdues, mélancolique petite garce qui, durant tout le film, a l’air de totalement se foutre de la gueule du gentil jeune homme. Pas très sympa, n’est-ce pas ? Et c’est peut-être là le plus gros défaut du film, c’est la platitude et le manque total de charisme de la quasi-totalité des personnages qui rend alors très difficile la possibilité d’attachement pour, ne serait-ce, qu’un personnage. La suite du film, empile scène sur scène sans grand intérêt, auquel s’ajoute des décors kitsch et des dialogues moroses, rendant le film pas forcément plaisant et vivement conseillé aux bobos parisiens en quête de cinéma anglais. Heureusement, la fin, happy-ending à moitié avouée, boucle le film sur une bonne note et nous montre que Submarine n’est pas véritablement un si mauvais film dans le fond.

Malgré un enthousiasme venu d’outre manche qui laissait penser que Submarine serait une véritable perle comique, le film déçoit de par ses imperfections et étonne parfois, prouvant que Submarine mérite clairement l’attention du spectateur pour la mise en scène originale et grisonnante de Ayoade qui s’allie parfaitement à la brillante musique de Alex Turner.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s