Super de James Gunn

Il aura fallu pas mal de temps avant de pouvoir  – enfin – voir le nouveau film de James Gunn. Si ce nom ne vous dit probablement rien, c’est parce qu’il a souvent été le créateur de films à la qualité très discutable. Scénariste de machines commerciales telles que Scooby-Doo 2, amateur de films d’horreur avec l’Armée des Morts de Zack Snyder, dont il est le scénariste, ou encore réalisateur de Horribilis, son nouveau bébé, Super, débarque en France avec une édition direct-to-dvd après une campagne calamiteuse aux Etats-Unis. Avec un minuscule budget estimé à environ 2,5 millions de dollars, il avait néanmoins fait le buzz car il reprenait l’idée du très bon Kick Ass de Matthew Vaughn : les super-héros sont des gens comme les autres maintenant ! Et alors que Kick Ass était un bijou mélangeant le style gore et l’humour avec une facilité déconcertante, ce qui apportait un côté jouissif et totalement nouveau, Super n’est pas un simple pastiche de ce dernier. Loin de là…

Tout d’abord, à l’inverse de Kick Ass, Super ne peut être mis dans les mains de tout le monde. Même si Kick Ass avait dérangé par le fait que le film puisse, avec autant de décontraction, mélanger deux genres bien distincts, Super est d’abord une sorte de tragédie moderne puisant sa force à travers un personnage pathétique, interprété par un Rainn Wilson tout simplement génial, qui vient de se faire piquer sa femme par un étrange dealer de drogue interprété par le toujours aussi efficace Kevin Bacon. Le film touche autant qu’il étonne (la rencontre entre le Vengeur Sacré et Franck, moment le plus étrange du film) et montre de façon clair – voire trop clair – que le film adopte le point de vue d’un héros naïf porté par la parole de Jésus. Et même si le film n’est pas du tout pro-chrétien, son héros évolue à l’aide des idées bien vieillottes et franchement niaises d’un super-héros « venu répandre les idées du Tout Puissant ». Ainsi commence l’histoire de l’Eclair Cramoisi, vengeur complètement barge qui tape à grand coup de clé anglaise à travers la ville où il s’en prend aux plus vilains (les doubleurs dans une file d’attente d’un cinéma, un pédophile, un voleur et des drogués). Puis, c’est alors qu’arrive le personnage de Libby interprété par celle que l’on croyait plus calme que ça, Ellen Page. Connue pour ses rôles de filles plutôt cool, elle se lâche complètement dans ce rôle taillée sur mesure. Elle est folle, violente, pétillante et interprète avec panache ce rôle de jeune bougresse dopée par des rêves de gosse qui deviennent enfin réels et par des comics.

Mais cette violence, qui devient extrême dans le dernier quart d’heure, est en partie due à la réalisation, façon caméra à l’épaule, de James Gunn, la rendant plus rythmée avec son lot d’intrigues assez conséquent et le flot d’hémoglobine qui s’ensuit et qui est encore plus important que celui de Kick Ass (et c’était déjà beaucoup). Rajoutez à cela un casting composé en plus de Liv Tyler, Gregg Henry et Nathan Fillion et vous avez un des films les plus bourrins de l’année. Un détonant mélange d’humour, d’hémoglobine et de tristesse qui, avec un budget nettement inférieur à ceux de Kick Ass et d’autres grosses productions hollywoodiennes, arrive à s’en sortir beaucoup mieux que d’autres.

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