Anonymous de Roland Emmerich

Les théories. Toujours des théories ! Depuis toujours, la filmographie de Roland Emmerich, maître du film catastrophe autoproclamé, – étant donné qu’il n’y a pas vraiment de concurrent – a toujours été basée sur des théories qui se sont souvent révélées foireuses. De Independance Day à The Day After Tomorrow en passant par 2012, le monsieur a surtout été le roi de la médiocrité. Ses films, qui ont toujours été des énormes succès grâce à un budget effets spéciaux gigantesque, furent d’une crétinerie démesurée. Et au final, Anonymous ne déroge pas vraiment à la règle, et pourtant il y a malgré tout un certain progrès.

Se posant pendant le temps d’un film dans le genre du film à costumes et à partir d’un budget six fois inférieur à celui de 2012, Emmerich signe d’abord un film d’époque. Malheureusement, l’idée principale du film, c’est-à-dire lancer un débat sur le fait que William Shakespeare n’ait pas écrit un traître mot, disparaît au bout de quelques minutes de film et le scénario, faiblard et incompréhensible, s’embourbe dans des histoires tragico-romantiques et dans une absurde quête de pouvoir à travers les mots et la violence. Mais aussi, Anonymous n’arrive pas à passer le cap du simple constat d’une époque ravagée par la monarchie et par la censure quasi-totale des œuvres jugées « politiquement incorrect ». Et le scénario, caricatural de bout en bout, montre un Shakespeare totalement naïf, sorte de profiteur analphabète, et manipulateur, d’un artiste malgré lui.

Et c’est ainsi que commence deux heures dix de cinéma plat, pathos comme pas possible et qui pourtant aurait pu avoir de la gueule si son réalisateur ne cherchait pas à tout prix de rendre perfectible tous ses plans. Son œuvre est grandement imparfaite, sa mise en scène est, malgré tout, très soignée et les décors sont absolument sublimes, mais le tout est d’une tristesse sans fin, la joie introuvable dans, ne serait-ce, un seul plan comme si Roland Emmerich avait été touché par le syndrome de la série des Tudors. Le trash en moins – heureusement… -, le gentillet en plus (les gentils chevaliers, les méchants biscornus, …), Anonymous déçoit tant l’idée aurait pu être géniale si l’émotion et le spectaculaire étaient en plus mais, à cause d’énormes problèmes scénaristiques – le tout manquant réellement de cohérence – Roland Emmerich manque son objectif « grand film » à force de vouloir tout réussir.

L’une des premières déceptions de l’année 2012.

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