Millénium – Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher

Qu’on se le dise rapidement, David Fincher est très probablement le meilleur réalisateur américain en activité. Certains vous diront que j’ai tort, d’autres que je dis vrai. Car si l’on regarde bien la filmographie du monsieur, on en reste bouche bée. Devenu rapidement culte grâce à son Fight Club, maître du thriller trash avec Se7en et sachant aussi faire des fresques épiques avec Benjamin Button ou des chroniques d’une génération désabusée avec The Social Network – qui est simplement le meilleur film américain de ces cinq dernières années -, Fincher sait absolument TOUT faire.

Mais depuis quelques films, on remarque l’importance de l’esthétisme auquel Fincher apporte dans ses films. Et c’est avec son dernier nouveau bébé que Fincher s’amuse le plus. Millénium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, deuxième version du premier volet du best-seller de Stieg Larsson, est un bijou brut et une brillante tentative américaine qui arrive à « surpasser » la première version suédoise. Si beaucoup se sont acharnés sur l’idée que les Américains reprennent un best-seller qui a déjà été adapté, c’est parce que ce n’est pas la première fois que Fincher a des idées considérées comme étranges dans la tête (on se rappelle du scandale autour de The Social Network…). Mais c’est sans compter sur son implacable génie pour mettre en scène que Fincher nous livre une nouvelle fois une œuvre à la fois élégante, choquante et vertigineuse.

Elégante par le fait que Fincher arrive une nouvelle fois à livrer une mise en scène pleine de classe et d’assurance et parce que les décors de Suède en hiver sont absolument magnifiques, délivrant à la fois une certaine splendeur et une froideur qui risque d’en laisser bouche bée plus d’un. Mais cette froideur ne se retrouve pas seulement dans les décors, mais aussi dans l’histoire et dans la B.O de Trent Reznor & Atticus Ross. Une nouvelle fois, le duo Reznor-Ross fait des merveilles, après une première collaboration sur The Social Network qui leur avait valu l’Oscar de la meilleure musique, en livrant une bande originale en totale symbiose avec l’ambiance glaçiale du film et renforçant le malaise auprès du spectateur. Mais ce malaise est principalement dû aux situations du film et certaines scènes approchent de l’absolument atroce et créaient un malaise tellement instable que le reste des deux heures quarante que font le film est vécu dans un stress incroyable.

Malheureusement, ce stress n’est ressenti que par les personnes qui découvrent l’oeuvre et la série car pour ceux qui ont soit lu les livres ou vu les films, n’auront absolument aucune surprise car l’histoire est pratiquement identique à quelques détails près. Mais ce David Fincher, malgré ces quelques pointes d’humour, est d’une impersonnalité assez incroyable, prouvant que ce film est bien un film sur commande auquel Fincher n’a peut-être pas pu ajouter une touche personnelle.

En livrant une sorte d’oeuvre sépulcrale où toute chance de s’en sortir indemne est infime, Fincher livre une ré-adaptation du phénomène littéraire de ces dix dernières années absolument ahurissante de beauté, à la fois funeste et mystérieuse, et dont les qualités scénaristiques et de mise en scène font de David Fincher un réalisateur majeur qui surpasse les autres grands réalisateurs américains actuels (Quentin Tarantino, Christopher Nolan ou bien Darren Aronofsky). Maintenant il reste à savoir qui arrivera à se hisser aux côtés de David Fincher pour régner sur l’ère du numérique.

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