We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay

Si le très poétique Jordy criait haut et fort qu’il était dur dur d’être bébé, c’est parce qu’il n’avait pas encore eu la chance de voir We need to talk about Kevin, troisième long-métrage de Lynne Ramsay qui risque de faire crier plus d’une maman. Adapté d’un best-seller américain signé Lionel Shriver (disponible aux Editions Belfond), We need to talk about Kevin dresse avec une déconcertante aisance et avec un certain sadisme combien il est dur d’être une maman à plein temps quand les liens entre l’enfant et la mère ne se font pas.

Dans le rôle de la mère désemparée et rongée par la culpabilité, on retrouve l’excellente Tilda Swinton qui ne cesse d’enchaîner les bons rôles alors que dans le rôle du diable en mode mineur, on découvre avec étonnement et grand plaisir un certain Ezra Miller, dont la révélation est à la taille du personnage : immense. Si l’adaptation cinématographique peut parfois se révéler totalement vaine face à l’ampleur d’une œuvre comme celle-ci, cette adaptation fait malgré tout preuve du certaine originalité dont la complexité se révèle si impressionnante que le spectateur lambda pourra y découvrir plusieurs façons de voir le film au fil des projections. Retrouvant l’essence même du livre et en y injectant une empreinte visuelle très marquée – voire trop… -, le film est une sorte de portfolio cinématographique où l’on y retrouve, à travers de nombreux flashbacks, le combat d’une mère face à son fils au fil de sa jeunesse. Si les petites emmerdes quotidiennes que le film afflige à sa mère se révèlent ridicules face à la gaffe considérable que le grand adolescent fera par la suite, on y trouve ici un modèle de chronique familiale mené par une mise en scène géniale même si l’empreinte visuelle se révèle trop appuyée, que certaines séquences sont maladroitement mises en scène et que les standards pop sont trop ancrés dans le film.

Et si la complexité de la mise en scène et la redondance des situations pourront en effrayer plus d’un, We need to talk about Kevin a malgré tout ce « je ne sais quoi » qui en font un très bon film, qui a su réinventer le genre de la chronique familiale sur un fond réel mais qui, par ses maladresses, n’arrive pas à passer le cap du très bon film.

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