John Carter de Andrew Stanton

L’évènement était attendu. La déception est grande.

Et les soupirs se font entendre. Avec John Carter, Andrew Stanton se devait de briller pour son premier film live face à Brad Bird et son ultra-jouissif Mission Impossible : Ghost Protocol. Malheureusement, à l’instar de Brad Bird, Stanton est resté aux côtés de la grosse machine qui est Disney avec un gigantesque pactole de 250 millions de dollars sur les bras et une équipe marketing de véritables bras cassés. Car si le flop que du film peut paraître inattendu face à de telles attentes auprès des geeks, John Carter, ou l’oeuvre « à l’origine de tout ce que l’on a vu auparavant dans la science-fiction », a clairement manqué d’une bonne équipe marketing pour le soutenir et pour donner envie au spectateur le plus lambda de venir le voir. Car si nous l’avons vu, c’est seulement par curiosité tant la bande-annonce préparait un pur Disney inoffensif et crétin. Le choc et la déception sont telles que le film fait autant rire qu’il ne déçoit. Bien entendu, on vous déconseille fortement d’aller voir ce film tant le film est un ratage quasi-total mais aussi parce qu’il ne cesse de rappeler une autre purge de Disney, Prince of Persia de Mike Newell qui avait su pousser la niaiserie et la stupidité jusqu’à un niveau abyssal. Très tôt dans le film, dès l’introduction totalement bordélique et qui fout le spectateur dans un impensable malaise, John Carter perd pied. On y croit pas une seconde et pourtant on espère voir autre chose par la suite. Enfin jusqu’à la quinzième minute… Car si les effets spéciaux et les décors sont assez impressionnants de beauté et de simplicité, le film, qui dure quand même deux heures vingt, met une éternité à mettre en place son récit, foire sa narration par une voix off ratée et plonge le spectateur dans la perdition progressive.

De tout point de vue, John Carter est à la fois un triste divertissement pour Disney et un film déstabilisant.

D’une part, parce qu’il montre que Disney n’arrive plus à pondre un film familial live sans tomber dans le ridicule et d’une autre part parce que John Carter est tellement mal-monté que la suite du film, le spectateur le suit avec un désarroi quasi-total et avec un « je-m’en-foutisme » incroyable. Et Disney oblige, John Carter a le droit à sa bonne vieille romance. Et c’est bien là le pire. Là où John Carter aurait pu pousser encore plus loin son aspect dramatique et montrer avec plus de profondeur le caractère psychologique de son personnage principal (interprété par cette teigne de Taylor Kitsch!), le film enchaîne avec un rythme assez affolant les scènes de combat sans intérêt et les blagues pas drôles voire parfois misogynes. Le comble pour un Disney qui pouvait avant tout plaire aux filles pour le beau Taylor Kitsch… Enfin, pour finir, le final, ou l’histoire d’un duel attendu raté, est d’une terrible pauvreté et d’une naïveté désespérante. Car c’est bien là le constat du film : En voulant à tout prix attirer le spectateur vers un soi-disant grand spectacle, Disney foire un de ses derniers grands plans marketing, alors que le livre d’origine pouvait mener vers un nouveau film référence du genre, et en même temps perd énormément d’argent et plombe un brillant début de carrière pour un des nouveaux grands poètes de l’animation qui, avec John Carter, a perdu de sa poésie pour gagner en beauferie.

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