Cloclo de Florent-Emilio Siri

Claude François ou un phénomène que seuls les plus de 40 ans peuvent comprendre. Claude François ou celui qui fait encore danser les plus vieux et les plus jeunes.

Et c’est aujourd’hui que l’artiste aux millions de disques vendus voit naître son biopic sous la houlette de Florent-Emilio Siri, pourtant connu pour ses films musclés (Nid de guêpes, Otages,…) et dans le fameux rôle de Cloclo on retrouve le belge Jérémie Renier qui, depuis quelques temps, divague entre films d’auteur (Le Gamin au vélo des Frères Dardenne) et grosses productions francophones (Philibert- capitaine puceau). Si le biopic a depuis quelques temps lâcher quelques étrangetés cinématographiques tels que Gainsbourg – Vie héroïque de Joann Sfar qui montrait avec une certaine lourdeur la personnalité hors norme de Gainsbourg et Gainsbarre, Cloclo joue la carte du classicisme, de la simplicité et de l’euphorisant. Car Cloclo ne traite pas seulement de la jeunesse quelque peu difficile de son interprète mais traite aussi de l’énergie débordante voire excessive de l’artiste. Le tout est raconté de façon chronologique, de fil en aiguille, de son enfance à ses débuts compliquées jusqu’à sa mort accidentelle, avec un montage et une réalisation de Siri font mouche pour livrer un biopic brillant à la fois tragique et sincère.

Le film est rythmé telle une chanson de Claude François, de façon très rapide, d’une efficacité assez affolante auquel s’ajoute certains plans faisant réellement preuve avec brio d’un vrai savoir-faire de la part de Florent-Emilio Siri et qui, malgré cela, prend son temps pour mettre en place le tout. (le film dure quand même 2H28). Et sans ennuyer le spectateur et sans chercher à glorifier ce personnage à la fois très intelligent businessman et patron exécrable, Cloclo déroule la vie d’un homme terrassé par les drames, ignoré par son père à cause de son envie de partir et véritable homme à femmes. Heureusement, sans pousser indéfiniment le kitsch, Siri bouscule les clichés pour mieux se relever et briller à nouveau à travers quelques séquences mémorables notamment grâce à des interprètes géniaux. Renier est extraordinaire en Cloclo par la ressemblance et par l’émotion qu’il dégage, Magimel, méconnaisable, est extrêmement touchant en Paul Lederman et Monica Scattini est très bien dans le rôle de la mère aimante mais ravagée par ses envies de jeux les plus extrêmes. Enfin, si la première partie est clairement meilleure par le fait qu’elle est tout simplement jouissive et qu’elle fait preuve d’un dynamisme sans faille, la deuxième partie n’en reste pas moins très bonne malgré quelques longueurs et des redondances qui gâchent un peu la fête.

Là où Dahan et Sfar avaient respectivement cherché à livrer une mise en scène complexe qui se révélait au final pleine de lourdeur et de clichés, Siri prouve à travers son Cloclo que le cinéma n’est pas qu’une histoire de complexité et que c’est par la simplicité qu’il peut totalement faire jouir le spectateur car Cloclo est le grand film populaire que la France et les fans les plus extrêmes attendaient. C’est simple, efficace, incroyablement brillant et c’est immanquable. Qu’on aime ou qu’on déteste Claude François, ça reste incontestablement du vrai, du bon cinéma.

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