Radiostars de Romain Levy

Quel bien beau constat que de voir la comédie française, devenue si stupide et décriée par son manque de référence en la matière, se revigorer peu à peu grâce à l’exemple américain qui, a contrario, s’épuise. Dernièrement, Michel Hazanavicius a su faire son trou à grand coup de références et de répliques hilarantes, le duo Toledano-Nakache maîtrise désormais l’art de la vanne toutes les trente secondes avec maestria et une nouvelle génération commence à s’installer peu à peu dans le cœur du public français avec des jeunes comme Thomas Ngijol, Fabrice Eboue et Romain Levy.

 Avec Radiostars, film acclamé au dernier Festival de l’Alpe d’Huez – référence au niveau de la comédie française -, Romain Levy souhaite effacer un passé morose en temps que scénariste de bouses intergalactiques, des 11 commandements, Cyprien ou encore Coursier. Et pour une première réalisation, le garçon semble avoir tout compris de la comédie américaine et c’est dans son film qu’il reprend toutes les formules pour les mettre au service de dialogues finement ciselés, sans être acides ou acerbes, et clairement inspirés de l’humour Apatow.

Rythmé grâce à un B.O très punchy, Radiostars réussit à allier humour gras, voire parfois vulgaire, et une mise en scène impeccable, parfaitement maîtrisée par son réalisateur, et aussi faire preuve d’une certaine gravité quand il met en lumière le caractère de ses personnages aux personnalités toutes très différentes. Que ça soit de l’animateur manipulateur et volontairement méchant interprété avec beaucoup de talent par un Clovis Cornillac comme métamorphosé – loin de ses rôles sérieux de quelques navets bien de chez nous -, en passant par le quarantenaire lunatique ou bien le jeune et fougueux animateur brillamment interprété par un Manu Payet très drôle et très juste, Radiostars sait faire ce doux contraste entre la génération passée et celle d’aujourd’hui dont les références ne sont plus les mêmes. Si le film ne planche pas véritablement sur ce sujet mais sur celui de la réussite dans un milieu où les tensions et les trahisons sont très présentes, le film enchaîne à un rythme hallucinant les blagues, qu’elles soient de bon ou mauvais goût, reprenant les thèmes de toujours d’Apatow : les blagues sur les juifs, comment réussir dans le métier et bien sûr les blagues sexuelles.

A l’inverse d’Apatow, la réussite n’est pas toujours au rendez-vous et la répétition des blagues et des situations peut être assez agaçant malgré le fait que le film, aussi modeste soit-il, arrive à passer le cap du feel-good movie avec une vraie envie de bien faire, comme le prouve la mise en scène toujours très claire, et en y insérant un récit pas toujours bien conté mais sympathique et entraînant. Mettant en scène le quotidien d’une radio – presque libre – sous la forme d’un road-movie, le film arrive à occuper le spectateur pendant 1H40 sans le faire accrocher à son siège. On regarde le tout avec un regard diverti, on rigole et c’est là le vrai but de Radiostars : Faire rire sans compromis.

Road-Movie à la fois hilarant et légèrement amer, Radiostars est une sincère réussite, notamment en parti dû à un casting très sympathique, faisant preuve d’une insolence et d’une vivacité incroyable avec en chef de troupe un Manu Payet génial. S’ensuit une mise en scène très réussie, lumineuse et donnant au film une empreinte particulière, l’ancrant définitivement dans une époque. Mais c’est avant tout soulageant de voir une comédie française enfin assumer ses références aux comédies d’Apatow et de Mel Brooks sans forcément les copier ou les moquer.3 etoiles

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