50/50 de Jonathan Levine

Après le succès public de All the boys love Mandy Lane grâce à une sortie en direct-to-dvd chez nous et aux Etats-Unis, et tout en étant réalisateur de la série tendance du moment How To Make It In America et son générique signé Aloe Blacc, 50/50 avait tout pour se planter d’un point de vue commercial (traiter de la maladie en temps de crise c’est couillu) et malgré cela, il partait dès le départ avec un capital sympathie assez élevé grâce à un casting de jeunots qui, pourtant, ont déjà tout prouvé chez eux et dans leur domaine.

Et cette expérience fait de 50/50 une comédie très sympathique, à la limite du feel-good movie, sans chercher à devenir une référence même si elle s’installe aux côtés de celles écrites et dirigées par le roi Judd Apatow. Avec Seth Rogen à la production et Will Reisner au scénario – qui s’inspire en fait de sa vie réelle et de ses expériences passées -, le film fait la chronique d’un jeune homme découvrant qu’il a eu une tumeur et qui va essayer de trépasser la tristesse à l’aide son ami avec beaucoup d’humour et de joie de vivre. Prenant le sujet, certes tabou, par le rire et avec une certaine insolence, Jonathan Levine s’essaye et réussit avec beaucoup de talent à casser les clichés du sujet et les limites qui lui sont imposés pour y installer une mise en scène claire, sans être pour autant conventionnelle et s’inspire de son expérience sur le petit écran pour développer quelques jolies séquences et pour faire transparaître, par moments, cet aspect sensoriel et l’état de choc d’Adam à l’annonce du médecin.

Les personnages prennent alors une toute autre tournure dans ce combat : l’ami égoïste, interprété par l’imprenable et tellement cool Seth Rogen, se révèle être quelqu’un de fiable et un allier dans ce combat, la copine, jouée par l’insupportable Bryce Dallas Howard, devient une véritable garce et la psy, dont la jeunesse semble charmer Adam, devient peu à peu plus « intime » avec lui. Et c’est malheureusement dans cet élan de romantisme que naît une love-story, ni trop lourdingue ni trop légère, et qui remplit le film de quelques longueurs tant les dialogues peuvent parfois sonner de façon si inutile. Malgré tout, les dialogues, quand ils sont échangés entre Rogen et Gordon-Levitt, donne quelque chose d’assez semblable à ceux signés Apatow apportant à 50/50 ce côté si irrésistible.

Quelques séquences sont faites pour devenir cultes évidemment (notamment celle avec Adam sous les effets de la drogue, brillamment drôle) et le film finit, à une demi-heure de la fin, par connaître les limites de son parti pris comique pour dévier vers quelque chose de plus dramatique, venant à faire douter le spectateur sur les chances de survie d’Adam. Les décors deviennent sombres, la grande partie des scènes étant tournées de nuit, et Joseph Gordon-Levitt montre alors l’intégralité de son talent, faisant passer de la jovialité du spectateur aux larmes.

Sans devenir larmoyant ni pathétique, le film est un parfait commencement pour ceux qui ne connaissaient pas l’humour apatowien et la sensibilité égale aux films d’Apatow, une œuvre bigger than life et un petit film indé qui a la chance d’être né sans gros budget et qui a donc un certain charme auprès de la jeunesse et du public en général. Jonathan Levine semble devenir de plus en plus fort et il va falloir devenir de plus en plus attentif à l’avenir de ce jeune homme.

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