The Raid de Gareth Evans

The raid

The Raid, écrit et réalisé par Gareth Evans
Interdit aux moins de 16 ans
Avec Iko Uwais, Yayan Ruhian, Joe Taslim et Pierre Gruno
Durée : 1h41 / Date de sortie : 20 juin 2012

C’est d’abord l’histoire d’un phénomène.

Après sa présentation très remarquée à Toronto en septembre 2011, et qui a résulté à un prix du public dans la sélection Midnight Madness, The Raid n’a cessé de forger sa réputation au fil de ses passages dans les festivals du monde entier. Dire que celui-ci était attendu par la planète cinéma est un euphémisme suite au buzz que les bandes-annonces et extraits apparus sur le net ont engendré. Ainsi, l’on se retrouve face à cet étrange objet filmique, venu de nulle part et qui tient du quasi-miracle face à une actualité cinématographique particulièrement morose. Réalisé par Gareth Evans, un gallois bien méconnu dans nos contrées parti s’expatrier en Indonésie où il officia en 2009 pour la première fois avec Iko Uwais – que l’on retrouve ici dans le rôle de Rama – et dont le résultat se nomma Merantau, essai seulement apparu en direct-to-dvd chez nous dans lequel il arpentait un art martial appelé Silat et qu’il met désormais totalement en évidence dans son nouveau film. C’est ainsi qu’avec l’aide de sa célébrité, il monte avec un petit million de dollars The Raid, survival déchaîné, comme on en fait plus depuis que Hong-Kong a rangé les gants et que John Woo s’est recyclé en producteur/réalisateur de daubes américaines.

Ici, le réalisateur se place dans un Jakarta plus grisâtre que jamais, détruit par la corruption de sa police et par l’imposant pouvoir des dealers de drogue de la ville. Une équipe de policiers d’élite va donc décider de pénétrer l’immeuble de tous les dangers, dans lequel réside le chef des dealers, un paranoïaque ultra-violent qui fait régner l’ordre avec l’aide de ses sous fifres, où la lutte entre la police et les dealers va déraper au fil de la montée du groupe. Si la trame tient sur un post-it, le film fait preuve d’une virtuosité évidente dans son enchaînement des chorégraphies et dans le déroulement de son récit. Construit de manière parfaitement linéaire (les 1H40 que font le film sont montés de façon très ludique, se rapportant inévitablement aux références du jeu vidéo), le métrage prend une certaine ampleur au fil des étages montés même si après trois quart d’heure le scénario laisse place à des boursouflures et à des questionnements parfaitement stupides et donc inutiles sur le bon flic et le ripoux. Un certain goût de déjà-vu découle du film pendant un instant… Avant de rapidement repartir dans une succession de tatanes, parfaitement exécutées et qui atteignent tout le temps leur objectif : faire mal psychologiquement le spectateur. On ne reviendra que très rapidement sur la performance absolument hallucinante de Iko Uwais qui campe, avec vivacité – et il en fait pour ce genre de film – et sang froid, un rookie perdue dans la morale mais rappelé à la raison par sa mission ou encore Yayan Ruhian, Mad Dog hystérique, hyper-violent mais si impressionnant par sa technique.

Ainsi, le film impressionne autant qu’il en fait baver au spectateur et propose une forme de plaisir coupable très efficace qui satisfera n’importe quel amoureux d’actioners décérébrés ou de survival movies en tout genre. La mise en scène, aussi nerveuse qu’oppressante, permet à Gareth Evans de faire de son film une attraction et une expérience cinématographique jouissive bien malgré un scénario ici considéré comme prétexte au réalisateur gallois pour pouvoir monter un pur défouloir cinéphilique. On va même jusqu’à parfois toucher l’enfer de très près lorsqu’Evans sait maîtriser sa shaky camera et la totale clarté des gunfights. L’on ne se retrouve plus simple spectateur mais quasi-témoin de ces combats où la violence est clairement exprimée par les cris et la puissance des gestes mais avec laquelle le réalisateur sait nuancer l’aspect graphique.

Le déroulement du scénario est d’une banalité affolante, la conclusion connue dès le début du film mais qu’importe : lorsque l’on va voir The Raid, ce n’est ni pour y chercher une réflexion sur l’ultra-violence et la corruption policière, mais pour prendre du plaisir à voir des bourrins se taper sur la tronche pendant 1H40 et le pari est ici hautement réussi.

Et si le cinéma, ce n’était qu’une histoire de simplicité narrative…4 étoiles

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