To Rome With Love de Woody Allen

Toutes les bonnes choses ont une fin et To Rome With Love en est bien la preuve. Un an après son merveilleux Midnight In Paris, Woody Allen continue son eurotour avec une escale à Rome, surnommée ville éternelle, et qui ici ne fait que très peu d’étincelles. Une multitude de personnages, une multitude d’attentes et une multitude de déceptions.

Le nouveau film annuel de Woody Allen est arrivé. Le 21ème depuis Prends l’oseille et tire-toi en 1969 et le douzième depuis 2000. Si le monsieur affiche une fertilité à toute épreuve, les résultats au box-office n’ont pas toujours suivi et la qualité de même. Voir Allen s’intéresser à une équipe de jeunes acteurs constituait en soit une belle perspective d’avenir pour l’américain mais ses multiples escapades européennes constituent elles une certaine étrangeté dans la carrière du réalisateur qui a toujours brillé à New York. Bien que son Midnight in Paris, escapade virtuose et jouissive où Allen faisait preuve de sa maîtrise à faire d’un décor un personnage à part entière, prouvait que le maître était capable de s’exporter, To Rome With Love déçoit énormément vu les attentes, et les différents outils qui étaient mis à disposition du septuagénaire. Un décor somptueux avec lequel Allen aurait pu faire de son film quelque chose de sensuel, énergique, un casting rarement aussi brillant et la force de Allen à nous pondre des scénarios et des dialogues d’une extrême finesse. Mais apparemment aujourd’hui Allen a voulu dire fuck au système et résulte un film d’une platitude désemparante et la preuve que le réalisateur n’a plus grand chose à nous montrer ou à nous dire.

La ville n’intéressant que très peu le réalisateur, même s’il enchaîne à un rythme affolant les clichés du pays (le catholique très croyant encore vierge au mariage, le ténor, le mec qui parle très fort, le communisme), Woody Allen semble plus attacher à nous conter plusieurs love stories autour d’un sujet commun : la célébrité et les écueils du pouvoir. Un film choral en quelque sort sauf qu’ici les destins ne se sont pas croisés physiquement, les personnages étant dispersés chacun de leur côté à Rome. Ni sensuel, ni véritablement passionnant ou passionné, le retour de Allen devant la caméra est malgré tout très plaisant, devenant peu à peu à lui seul le seul ressort comique du film. Bien entendu le discours n’a pas changé, campant ici le gentil capitaliste face au terrible communiste favorable aux syndicats, mais ses répliques étant d’une telle drôlerie que son retour en devient touchant.

Par la suite, il est compliqué de décrire les différentes situations du film, la réalisation n’est pas vraiment inspirée et le scénario ou les dialogues, bien loin de la finesse de ces précédents films. L’amertume prend le dessus quand on voit comment Allen utilise ses jeunes recrues (le prometteur Jesse Eisenberg, Ellen Page et Greta Gerwig), seule véritable tentative où le réalisateur essaye d’insuffler une once de sensualité de par le personnage d’Ellen Page, vorace et séduisante femme assoiffée de sexe. La sexualité devient le sujet de tous les instants, les remords et la dangerosité des liaisons prennent le dessus sur un scénario désespérément bien fin et lisse. Heureusement, Allen fait preuve d’une certaine malice quand il fait d’Alec Baldwin une sorte d’ange gardien face à la menace sexuel dont fait preuve Monica, danger plus que potentiel pour la relation entre John et Sally, elle-même angoissée par la puissance ravageuse du charme de Monica.

Le reste est bien ennuyant, ni entraînant ni enthousiaste, mélancolique (la mélancolie d’Ozymandias qui réunit à peu près tous les protagonistes du métrage) et tristounet. Les bienfaits et l’addiction au pouvoir laissent alors place à un manque, commence alors une recherche de renaissance à travers une succession d’idées toutes plus saugrenues les unes que les autres mais qui peuvent sauver les hommes de la folie (tentative désespérée pour le personnage de Roberto Begnini, célébrité malgré lui et rapidement redevenu un inconnu).

Ainsi, le message et le point de vue exprimés par le réalisateur sont rapidement effacés par des intrigues inintéressantes, bien que soulignés par un caractère absurde (la presse n’ayant plus grand chose à dire mis à part des « évènements » stupides) et le film se boucle de manière parfaitement linéaire, aucune véritable péripétie, tout finit par suivre son cours, les évènements arrivés sont effacés comme si rien ne s’était passé et l’effet provoqué par ce nouveau métrage est de même sur nous, spectateurs engourdis et quasi-endormis. To Rome With Love est un ratage en bonne et due forme, celui qui vous laisse un goût amer à la sortie de la salle. Un film bâclé, un montage « à l’arrache » et un scénario bourrin et bourré aux clichés : c’est à peu près ce à quoi ressemble le dernier Allen. Il semblerait bon de rentrer au bercail maintenant. Vraiment.1 étoile

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