Cheval de Guerre de Steven Spielberg

War horseIl faut bien le dire, Steven Spielberg est un sacré bonhomme. Seulement quatre mois après le gargantuesque Tintin qui l’a vu auréolé d’un énorme succès en France (plus de cinq millions d’entrées) et d’un bide mémorable Outre-Atlantique, le voici de retour avec Cheval de Guerre, gigantesque fresque épique de deux heures et demi sur l’amitié d’un jeune homme candide et son cheval au moment de la Grande Guerre. Avec ce vingt-septième film, Spielberg impose ici un travail de grande envergure, extrêmement abouti, affichant ici une maîtrise affolante d’une mise en scène humble, complexe et dont la beauté de certains plans ne fait qu’un peu plus prouver le talent du réalisateur à allier féérie et réalisme.

Dans un premier acte de ce qu’il y a pourtant de plus commun, Spielberg construit son récit de manière très référencée – on touche parfois au burlesque – et pose les bases, très rapidement dans le premier quart d’heure, de l’ambiance du film. Pesante lorsque nous parcourons le quotidien de la famille Narracott qui voit – le père est un ivrogne et un homme fatigué, traumatisé par la guerre -, sympathique lorsque nous observons les longues chevauchées d’Albert et de Joey, le film prend une toute autre tournure dans un deuxième acte dans lequel on abandonne le temps d’un instant les péripéties d’Albert pour entrevoir les péripéties de l’autre vedette du film qui n’est autre que le cheval, Joey. Parcourant l’Angleterre, la France et l’Allemagne, le film conte ses extraordinaires aides qu’il a données aux gens qui l’ont aperçu, aimé et qui se sont sacrifiés pour lui.

A certains moments, la maîtrise formelle éblouit, nous fait vivre des putains de moments de cinéma mais le tout est parfois voire souvent rattrapé par la tonne de guimauve qui enlise le récit dans une succession de clichés et qui, jusqu’à la fin, ne prend aucun risque. Malgré tout, le film touche, émeut, énormément, laisse pantois par ses qualités, faisant rapidement oublier les quelques défauts d’écriture et le certain manque de créativité scénaristique. Spielberg continue son long périple vers le passé, multiple les références aux films qui l’ont forgé – comment ne pas reconnaître la référence à Autant en emporte le vent dans la scène finale, les couleurs du ciel mélangeant le sang déversé pendant la guerre et le soleil, symbole ici d’un avenir radieux -, va même jusqu’à créer des scènes invraisemblables (la scène de sauvetage de Joey par deux ennemis malgré eux, un Anglais et un Allemand dans un no man’s land) et forge ici un peu plus sa force de créateur divaguant entre très grosses productions et films intimistes familiaux mais qui ne sont d’aucun mineurs pour autant.

2H30 de bonheur, d’émotions en tout genre, de pur cinéma, celui qui vous tient aux tripes, qui vous fait aimer le cinéma, un chef d’oeuvre humaniste, techniquement parfait tant la complexité de façonnage de certaines scènes laisse bouche bée et auquel s’ajoute la puissance lyrique, emportant tout sur son passage.

L’oeuvre est titanesque, Spielberg, lui, est inépuisable.4 étoiles et demi

2 réflexions sur “Cheval de Guerre de Steven Spielberg

  1. Si j’avais un simple conseil à te donner sans avoir lu la critique (autant être honnête je ne lis que ce qui m’intéresse !) change de thème ou fait plus de paragraphe car ça fait trop serré et ça ne donne pas envie d’être lu du tout ! Sur ce bonne soirée.

  2. Salut Karlix7, ça faisait un bail !
    Bah pour tout te dire, je suis actuellement à la recherche d’un nouveau thème, j’avais choisi ce thème car je le trouvais sobre, simple, …

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