Tucker & Dale fightent le mal d’Eli Craig

Tucker & Dale fightent le malIl faut parfois se méfier de ses fausses scènes d’enthousiasme dans les festivals du Monde entier. Il est bien vrai que parfois la surprise est belle mais à d’autres moments, l’on peut rapidement se retrouver face à un pétard mouillé de premier choix. Le genre parodique vivant ses grands moments de faiblesse, après un moment de gloire commercial, ayant vu naître du bon (Shaun of the dead) comme du moins bon voire du minable (Spartatouille et toute la flopée de bousasses autour de la franchise Scary Movie), semble vouloir reprendre du poil de la bête à travers l’arrivée de nouveaux visages du rire. Eli Craig, dont c’est ici le premier coup d’essai dans le genre du long, paraît ne pas savoir que véritablement savoir faire de sa force comique (c’est-à-dire se moquer des apparences et des clichés) pour nous servir un hommage aux slashers d’antan touchant et amusant sans être pour autant extrêmement maitrisé ou totalement abouti. Ayant le statut de miraculé après avoir failli passer à la trappe d’une sortie en salles pour une sortie en direct to DVD, Tucker and Dale vs Evil est avant tout un film sur les apparences. Qui sont ici très clairement trompeuses et affichées à travers une sous-intrigue romantico-inutile du style de « La belle et la bête ».

Pas très horrifique tout ça.

Dans un premier quart d’heure hilarant sur tous les points et qui multiplient les références au cinéma de genre, le film semble prendre un malin plaisir à faire de ces deux personnages principaux, des paysans venant d’acheter une maison de campagne, deux idiots malgré eux, ce qui, pour le coup, marche totalement lorsqu’on voit leur prestation mutuelle, allant parfois jusqu’à nous toucher. Un peu à la manière de Edgar Wright, le film met en avant cette forte amitié entre les deux protagonistes principaux pour par la suite les confronter aux problèmes en dehors de « leur bulle ». Ici les problèmes sont une bande de jeunes damoiseaux et damoiselles semblant tout droits sortis de High School Musical. Crétins, totalement naïfs et nés sous une flopée de légendes et autres conneries urbaines qui traînent dans les têtes des jeunes de l’époque. Un cliché qu’ici Eli Craig se réapproprie pour ensuite le renvoyer en pleine face de ses jeunes poupons. Une idée pas si bête, qui fait son temps mais qui au bout d’à peine une demi-heure du film finit par tourner à vide. Car comme tous les jeunes réalisateurs qui essaient de se réapproprier un genre aussi casse-gueule, il faut avant tout faire preuve de malice avec son scénario et ne surtout pas emmener dans les sentiers battus. Ce qui est, de nos jours, de plus en plus compliqué lorsqu’on voit la vague d' »œuvres » plus putassières les unes que les autres et qui ne cherchent qu’à faire du bifton auprès des jeunes collégiens en manque de sensations fortes.

Quel est véritablement le problème ? Celui de ne jamais arrêter au bon moment. La partie où tout le monde s’entretue est tout bonnement hilarante (Ça saigne, ça crie et il y a beaucoup de viandes à liquider) alors à quoi bon d’embourber dans une romance dont la fin est connue, mis à part pour ne pas flinguer le moral de jeunes filles venues récupérer de l’amour propre face à un film dans lequel les héros sont issus de références maléfiques des films d’horreur des années 70.Bien heureusement, comme dans tout film de genre qui se respecte, il fallait une bombe. Ici, on trouve heureusement Katrina Bowden, affriolante et toute mignonne avec son petit sourire à en faire claquer plus d’un, apportant un peu de lumière à ce tableau sympathique mais quand même sacrément fade ou du moins qui manque de conviction.

La presse semblait à genoux devant ce qui était considéré comme quelque chose d’instantanément culte mais il faut bien le dire : à part une pépette extrêmement sympathique à regarder et quelques références bien balancées, Tucker and Dale vs. The Evil n’est efficace qu’un dimanche après-midi quand le temps ne nous permet rien de bon. Il n’en reste pas moins que les prestations de Tyler Labine (Dale) et Alan Tudyk (Tucker) sont très réussies et apporte un peu de sympathie et de gentillesse pas désagréables à un récit aussi inégal et prévisible.

Un film plutôt prometteur pour ce petit novice canadien mais qui, pour autant, ne laisse aucune certitude sur la question d’un inattendu second souffle pour le genre parodique qui, auparavant, avait su allier hommage à un genre ou à un film ainsi que finesse d’écriture (quoique ?) et qui, désormais, semble définitivement loin dernière nous.

2 étoiles et demi

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