2 days in New York de Julie Delpy

2 days in New YorkTerrible est la désillusion. Terrible est le constat. Cinq ans après le charmant 2 days in Paris qui permettait de faire découvrir le talent de réalisatrice de Julie Delpy au public français, les temps semblent avoir changés dans l’univers de la réalisateur de 42 ans. Plus les mêmes ambitions, plus la même fraîcheur qui faisait tout le charme du premier volet mais il reste cette once d’artisanat, de sincérité qui, une fois encore, sauve son film d’une quelconque banalité.

Le film poursuit les aventures de Marion, photographe lunatique bien que sympathique, sans la présence du personnage d’Adam Goldberg (même si l’on apprend rapidement qu’ils ont eu un enfant ensemble) mais avec un autre Américain, Mingus, qui a remplacé Jack et avec lequel elle semble totalement épanouie. Mais comme dans toutes les comédies du type de celles de Woody Allen (dont elle s’inspire très librement lors d’une petite visite express de New York), un tumulte provoque un bazar gigantesque chez le gentil petit couple et leurs deux enfants et provoque rapidement le doute dans leur relation. Ici le tumulte, c’est la famille de Marion qui débarque à New York pour une petite visite et pour redonner le sourire au père, dans une période de deuil. Le deuil est le sujet constant du film. Tel un ange qui passe, un souffle de tristesse survole ce long périple comique et ne fait que se maintenir au personnage de Marion telle une tumeur persistante.

Dans ce deuxième volet, rien de véritablement nouveau mis à part le malheureux constat prouvant les difficultés de Delpy à se renouveler face à une concurrence américaine impitoyable. Durant toute la durée du film (1h40 qui passe à un rythme plus qu’inégal), la Française cabotine entre ses choix artistiques et un scénario qui, comme Woody Allen, prône le comique de parole et l’absurde pour créer une étincelle qui va s’étaler au fil du film pour finalement parvenir à nous rien dire. Après une première demi-heure, et les premières étincelles de la famille à travers New York (Albert Delpy est tout bonnement formidable), qui parvient à trouver un ressort comique étincelant, le film perd en simplicité et finit par rapidement s’embourber dans une pseudo-critique des relations franco-américaines (qui fait uniquement rire dans une scène d’ascenseur hilarante) et dans quelques dialogues (encore une fois pompés sur Allen) de politique pour prendre un air bobo-intello plus qu’énervant. Heureusement que, dans ce fouillis d’exhibitionnisme facile et d’enguelades sans fin, se trouve Chris Rock qui apporte beaucoup de drôlerie et de sympathie pour ce personnage un peu réservé face à une caricature des plus vomitifs dans ce bordel doux-amer sur le deuil (perdre sa mère et son âme) et sur la difficulté de se reconstruire lorsqu’un être ou un semblant de croyance disparaît.

Un deuxième volet pas véritablement intéressant, ni véritablement drôle – toutes les scènes comiques ayant été dévoilées dans les huit (!) teasers, et qui dans cette cure de jouvence américaine ne semble trouver qu’un peu plus de vieillesse (le charme insolent de la réalisation laisse place à une mise en scène appliquée, peut-être trop propre) et rarement un film, qui se voulait être un digne équivalent des comédies américaines, n’a jamais fait aussi européen. Même avec la présence d’une des figures les plus emblématiques du rire américain.2 étoiles

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