Young Adult de Jason Reitman

Mavis est une femme que l’on aime détester.
Celle qui, dans la vie quotidienne, vous regarde de haut, armée d’un sourire narquois comme seul objet de défense.
Auteure de livres «pour jeunes adultes», elle a fui Mercury pour la ville, croyant que le succès du lycée et sa popularité l’emmènerait vers le rêve américain. Alcoolique, divorcé et voyant sa série s’arrêter à la fin de l’écriture de l’épisode, elle revient conquérir son amour de jeunesse, cassettes audio de l’époque en boucle et persuader que son «charme» continuerait à faire des siennes.

Plus cynique et caustique que son prédécesseur, Young Adult déçoit par son manque d’âme, de bestialité et sa maladresse.

Aussi terrible qu’il puisse n’y paraître, Reitman finit même par nous ennuyer, le premier quart d’heure passé, et les formalités faites. N’ayant plus la même jovialité à filmer ses protagonistes – la production design s’en ressent, les couleurs orangées de Juno ont laissé place au gris moribond d’une chambre d’hôtel et son cinéma ne se résumant plus qu’à de simples plans typés documentaire – et le traitement des personnages ne parvenant plus du tout à trouver cet même effet de symbiose qu’auparavant, à se demander qu’est-ce qu’il s’est passé entre les deux films, le nouveau métrage du fils prodige est d’une vacuité phénoménale.

Bien que l’Américain reste un formidable directeur d’acteurs, Charlize Theron retrouvant enfin un rôle à sa taille avec cette garce dépressive, le reste du casting, excepté Patton Oswalt qui, lui aussi, est génial, semble ne pas réellement savoir quoi faire. A en voir certains regards, ce Young Adult, sorti dans l’ombre de d’autres sorties importantes, ne sait jamais sur quel piédestal se mettre.

Ainsi, le film prend alors le statut d’anecdote par sa lenteur désarticulée, son envie de tout envoyer balader – envie trouvant uniquement son plaisir dans un dernier dialogue entre Charlize Theron et Collette Wolfe hilarant à souhait et qui constitue le meilleur moment du film –. Le reste, s’il fallait encore le répéter, est d’une tristesse infinie comme l’héroïne principale qui, à l’instar des précédents films de Reitman, finit par comprendre le véritable enjeu de sa quête dans un dernier souffle. Young Adult est en tout et pour tout le premier faux pas de l’Américain. Un film las, dénué de tout charisme, de toute drôlerie et surtout de tout rythme, emmenant rapidement le film vers les profondeurs abyssales de l’ennui mais qui, grâce à deux brillants acteurs (Charlize Theron et Patton Oswalt), finit par trouver un sens avant de tout envoyer en l’air.
Un effort vain et bien bedonnant.1 étoile et demi

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