I Wish (Nos voeux secrets) de Hirokazu Kore-Eda

I Wish, écrit et réalisé par Hirokazu Kore-Eda
Avec Koki Maeda, Ohshirô Maeda, Ryôga Hayashi et Nagayashi Seinosuke
Durée : 2h08 / Date de sortie : 11 avril 2012

Arpentons 2012 ou les chroniques de films ratés en salle #1

Son cinéma, aux frontières du documentaire de par son réalisme et son découpage au couteau, l’a fait monter au statut de réalisateur à suivre. A 50 ans et pour son huitième film, après les unanimement célébrés Nobody Knows et Still Walking, le Japonais Hirokazu Kore-Eda dérive vers la comédie, arpentant l’innocence de la jeunesse, de deux jumeaux dont le rêve simple – bien que plus complexe qu’il n’y paraît –, est de se retrouver ensemble suite au divorce de leurs parents. Mise en scène dans son plus simple habillage, faisant face à un cinéma de la stylisation outrancière au possible, l’ouverture vers de nouveaux horizons pour le réalisateur est d’une beauté inouïe, lumineuse et sincère.

Il semble étrange au départ, puis parfaitement cohérent par la suite, de voir un tel optimisme perforé l’écran à la vue d’une première partie joviale, drôle et puis, suivre un récit contrasté, le sourire des deux enfants continuant de faire rayonner ce bijou coloré, et de sentir le désespoir de toute une société, une génération désemparée. Un même constat que dans le dernier Wes Anderson, Moonrise Kingdom, une même mélancolie des jours passés, l’éternelle recherche d’un amour qui s’amenuise – ou qui, ici, est totalement consumé –, une passion dévorante ensevelie sous la fugacité de deux gosses, leur envie mutuel de retrouver cette vie d’antan.
De par son exploration et le rythme affiché (une première partie extrêmement fluide, une deuxième cherchant peut-être plus à poser sa réflexion), I Wish est une lettre d’amour aux films d’aventure, continuant d’accentuer la puissance montante du cinéma asiatique dans le système d’aujourd’hui.

S’en dégage quelque chose de pétillant, d’excitant dans ce petit bout de cinéma qui finit par émouvoir totalement son auditeur dans un dernier quart d’heure, quand l’heure est aux adieux, Kore-Eda ne va jamais dans l’outrancier. Le tout est finement mené, les quelques pointes d’humour bien senties et sa direction d’acteurs imparable. Les performances respectives de Kori et Oshiro Maeda parviennent à nous émouvoir, nous pauvres cinéphiles au cœur de pierre, à nous faire rire dans leur quête improbable au «miracle» qui les réunirait à jamais et à faire opérer cette magie qui reste intact le long de ce périple de deux heures.

I Wish est un méli-mélo d’émotions, brillant par son insouciance et son innocence, qui prend forme de par la présence de ces deux enfants, grands rêveurs de notre époque, qui font que le film marche et que cette magie lumineuse, qui hante la pellicule, nous retire d’un présent lancinant et morose. Un très gros coup de cœur évidemment.

Sincères remerciements à Alex Torrance qui, grâce à son concours, m’a permis de voir ce merveilleux film.4 étoiles

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