Frankenweenie de Tim Burton

Que fallait-il véritablement attendre de ce Frankenweenie ?
Six petits mois après le délicieux Dark Shadows, Tim Burton revient dans l’animation, la deuxième fois après les Noces Funèbres, nouvelle incursion en stop-motion pour celui qui, au fil des années, voit sa carrière faire des zig et des zag. Bien que son précèdent film nous ait quelque peu rassuré sur l’état de santé du génial metteur en scène américain, Frankenweenie symbolise tout ce qu’il y a de plus commun, de plus redondant, de moins risqué dans la carrière du Monsieur. Non pas que son film manque de virtuosité – formellement, l’hommage au cinéma de genre reste ce qu’il y a de plus merveilleux à voir dans l’entière majorité du film, un peu à l’instar de ParaNorman des studios Laika –, mais il manque d’âme, de générosité et d’une grande partie de ce que Frankenweenie se devait d’avoir : de l’émotion.

A se demander si la passion vengeresse qui animait le Burton d’antan – celui qui voulait faire payer Disney de lui avoir refusé, en 1984, de poursuivre sa lancée noire dans le cinéma d’animation –, car, bien que Frankenweenie reste le plus joyeux, le plus mignon des films Disney, que restera-t-il dans l’esprit du spectateur ?
Quelques images se bousculeront dans l’esprit de celui-ci, avachi sur son siège, mais rien de plus. Il n’en reste pas moins que, comme à l’habituée chez Burton, la technique et les références disposées à travers le décor et de par quelques détails rendent le film, par petites touches, particulièrement savoureux mais bien trop éphémère pour espérer captiver le spectateur. A l’inverse de ParaNorman

Et malheureusement ce qui fait que Frankenweenie n’est réussi que dans la demi-mesure, c’est son manque de risque. Tim Burton continue, sans le talent qui le caractérisait au début de sa carrière, à nous entacher d’un univers noir pas forcément désagréable pour nos rétines, mais déjà aperçu dans les précédents films de celui-ci , son intrigue bien mal ficelée (un Disney ne doit pas forcément être aussi faiblard parce qu’il touche avant tout des enfants, regardez Pixar !), fait probablement dû au passage du court au long, la genèse du film provenant du court-métrage éponyme.
Pourtant, s’en dégage un petit sentiment de bonheur dans une première demi-heure particulièrement touchante et n’hésitant pas à s’engager sur la pente du film mélancolique, puis tout se met à déraper, rattrapé par des ambitions bien moins importantes, celles de divertir à tout prix, tant qu’on puisse surenchérir le plus possible avec une multitude de monstres, de cris, et de petits gags infantiles, bien loin de ce que nous avait auparavant livré Burton.

Que dire de ce Frankenweenie, mis à part que c’est un film certes agréable, divertissant sans véritablement chercher à l’être, mignon sans chercher à le devenir, pourvu d’une technique irréprochable et pourtant dépourvu de tout sens de la dramaturgie, tant que les enfants iront, la machine continuera à tourner.
C’est un film bien mineur que nous offre Burton, un hommage au cinéma d’horreur qui ne croise jamais le fond et la forme, nous posant encore des questions sur un éventuel retour en force de celui qui nous avait fait rêver avec des Sleepy Hollow ou des Edward aux mains d’argent.
Dommage, on était pas loin du but…2 étoiles et demi

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