Sur la Piste du Marsupilami de Alain Chabat

MarsupilamiComme tout réalisateur ayant connu un énorme succès, Alain Chabat a pris son temps. Quelques fois acteur dans des comédies à la qualité inégale, puis le revoilà donc, huit ans après RRRrrr !, à la réalisation avec Sur la piste du Marsupilami. Faramineux dans tous les sens du terme (quarante millions d’euros de budget, un casting quatre étoiles et la chance de devenir le premier film français à être projeté en IMAX), le nouveau long-métrage de Chabat avait donc pour but de redonner ses lettres de noblesse au cinéma d’aventure à la française.

Porté par une critique extrêmement positive, cinq millions d’entrées au compteur lors de la sortie dans les salles françaises et un sujet porteur et accessible auprès des petits comme des grands, ce Marsupilami, sans être hilarant ni grandiose, réussit à s’élever en un divertissement haut de gamme, drôle et spectaculaire.
Et pourtant, cette enthousiasme avait vraiment de quoi faire peur. Car, après l’excellence dans la réécriture du Astérix de Goscinny, qui signait l’apogée du talent comique de Chabat dans son inspiration de toutes sortes de blockbusters américains et qui en même définissait les bases du blockbuster à la française, l’on s’étonnait de voir Chabat ne pas poursuivre dans cette ligne directrice qui caractérisait aussi son dernier film, RRRrrr !, dernière tentative manquée car boursouflée et dénuée de tout sens. Et le film, heureux que nous sommes, confirme le retour de l’ex-Nuls comme l’un des pionniers du nouveau cinéma populaire français, friqué mais délirant.

Rien ne semble ne manquer dans ce nouveau film, mais la ligne familiale, enclin d’une série d’enfantillages vient empiéter sur la totale liberté du film qui, pourtant, sait allier références pures au grand cinéma hollywoodien et humour à la française. La mise en scène de Chabat reste encore et toujours très inspirée. Références à gogo, du cinoche généreux avant d’être convenu et un sens du rythme qui, en 1H44, fait preuve d’une maîtrise assommante de par l’exotisme de ses décors – tourné dans trois pays différents – et l’apport du numérique pour la création du Marsupilami, permettent au film de prendre son envol artistique, palliant les limites du scénario. On est pas chez le WETA de Peter Jackson mais faut-il avouer que sa recréation dans les décors de Palombie apporte un certain atout au profit purement ludique du film ?
Scénario qui, comme dit précédemment, montre ses limites dans une succession de gags, pas toujours très réussis, et qui font que le film se délimite en un pastiche du film d’aventure avant d’en être un vrai, abouti et burlesque. Les quelques répliques qui s’intègrent au cours de l’action donnent le sourire mais tout ressemble à du déjà-vu, du pré-mâché, et ne permet jamais au film son principal objectif : celui de nous laisser hilare à la fin de la projection. Autre bémol, pourtant paradoxal, celui d’avoir un casting trop fourni. Chabat continue de s’entourer des grands noms du rire et n’en exploite que les grandes lignes, et ne développe que deux ou trois véritables personnalités, laissant les autres stars sur le banc, et laissant une certaine amertume au terme du film.

A défaut de devenir instantanément culte ou d’être hilarant, ce Marsupilami permet à Alain Chabat de revenir à un cinéma qu’il aime, qu’il chérit et qu’il dorlote, de long en large, dans son nouveau métrage. Continuant de définir les bases d’un cinéma populaire réunissant toutes les foules, son nouveau bébé, moins bon que Astérix : Mission Cléopâtre mais meilleur que RRRrrr !, est un divertissement rafraîchissant, allumé mais ne prenant jamais son envol au moment où il le faut. Gros point fort du film et faisant à lui tout seul toute la réussite comique du film, la présence d’un Lambert Wilson frappadingue en un dictateur fan d’une certaine québécoise dont on taira le nom et qui, à lui tout seul, nous offre une scène culte en puissance.3 etoiles

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