Bellflower de Evan Glodell

BellflowerQu’est-ce que ce Bellflower aura fait parler de lui pour tant de déception !
Vendu comme le Saint Graal du film arty, à 1000% indé (car bénéficiant d’un budget ridicule de 17,000 $) et crié par certains comme étant l’OVNI artistique de cette année, Bellflower avait de quoi donner envie. Mais le véritable problème du film n’est-il pas celui d’être né sous le mauvais prétexte, avec les mauvaises ambitions et les mauvais modèles ?

Inspiré du légendaire Mad Max pour sa véritable aura cool et son ambiance aussi crasseuse qu’apocalyptique, Bellflower peut être considéré comme une avancée dans la perception cinématographique, dans laquelle, ici, le scénario et le traitement psychologique sont mis de côté au service d’une direction artistique parfois contestable mais jamais vraiment désagréable et palliant à elles seules les failles scénaristiques de par un traitement sauvage, primitif, inattendu, ultra-violent de l’image.

Une heure et demi durant, Glodell construit son film autour d’une love-story, de son commencement jusqu’à son terrible terme. Ce héros, rapidement brisé par l’amour qu’il portait envers sa copine, emporte le film vers un élan de folie incompréhensible, intense mais il faut malgré tout se poireauter une heure de bla-bla inutiles, regarder un film désincarné, inintéressant en quelque sorte autour de ces deux jeunes paumés, qui se mettent de créer la Mother Medusa, voiture apocalyptique inspirée du film de George Miller. Non pas que la quête de ces deux-là on en est absolument rien à foutre mais il est néanmoins dommage de voir un tel parti-pris artistique, éprouvant mais pas inintéressant et exprimant à lui seul toute la colère, tout le malheur de son héros , être écrasé par un sujet si assommant de bêtise et d’ennui.

Quelques bons moments viennent s’intégrer à la chose, les expériences des deux «jeunes adultes» amusent, leurs quelques remarques aussi mais il faut attendre le volet final de cet épisode pour voir apparaître la nature véritable du film. Car pour être inattendu, le final l’est. Au-delà de la prise de conscience du héros et de son camarade dans ce périple construit autour de non-sens et d’acharnement pour rien, se révèle un homme détruit par l’amour qu’il portait pour cette femme. Cet homme n’est autre qu’Evan Glodell lui-même.
La genèse du projet provenant d’une rupture amoureuse difficile de l’auteur-réalisateur, apparaît alors une puissance inattendue au profit du film, celle de voir un homme à terre, abattu et demander pardon encore et encore. Le cinéma n’est donc pas source que de blessures mais aussi d’oubli, panser les misères du passé pour mieux avancer.

A savoir si Glodell n’a réalisé son film que dans un but d’oublier et de balancer sur pellicule tout ce qu’il avait au fond du coeur, Bellflower n’en demeure pas moins un film inégal. Esthétisant mais souvent construit dans un but de remplissage avant de tout détruire dans un final inattendu, où ultra-violence et tristesse se confondent pour créer une puissance confondue, n’en reste pas moins que le premier film de l’Américain ne semble pas destiner à dépasser le stade de l’anecdote.
Un OVNI artistique peut-être, une lettre d’amour certainement mais en aucun cas un véritable objet digne du cinéma sauvage des années 70 dont Glodell semble s’inspirer au fil des une heure et demi que font le film.2 étoiles et demi

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