The Color Wheel de Alex Ross Perry

The Color WheelQuitte à être efficaces, soyons brefs.

Deuxième film pour Alex Ross Perry, le premier à être arrivé sur nos écrans – et à être passé malheureusement bien que trop furtivement – et à sortir en DVD. Potemkine, dans une tentative fort courageuse et quelque part un peu vaine, se fait porte parole du cinéma libre comme l’air de l’américain et dévoile ce qu’il y a de plus beau, de plus insupportable à travers son cinéma. Tourné dans un noir et blanc granuleux et avec une pellicule 16 mm, The Color Wheel explore, durant une heure vingt, la traversée d’un frère et une sœur venus récupérer les affaires de celle-ci laissées chez son ex-copain. C’est donc à peu près le pitch d’un film dans lequel son auteur implose à travers une démonstration de forces et allonge ses scènes jusqu’à la lassitude pour créer un sentiment communicatif de mélancolie constante entre le spectateur et les personnages. Pari réussi donc puisque, à travers des dialogues langoureux et incisifs, le réalisateur parvient à faire sourire de manière quasi-opportune et ne tombe jamais dans le sentimentalisme que l’on peut reprocher chez d’autres réalisateurs indépendants.

Car ce qui est un atout chez Perry est aussi un défaut puisque le film, à l’empreinte bien marquée de «fait à partir de rien» se pose sur cette misère pour ne poser aucune base scénaristique et battre le spectateur à l’usure, à ce qui sera le plus fou ou le plus long (voir une dernière séquence de dix minutes incompréhensible, inconsciemment la plus belle et la plus inattendue). Hormis la prestation de la ravissante Carlen Altman – qui est aussi co-scénariste du film – qui imprègne un caractère de garce à son personnage de fille paumée et cachée derrière ses rêves de grand journalisme et incarne le point fort d’un film las, il n’y a pas grand chose à dire de The Color Wheel excepté celui de répéter le courage du distributeur à sortir le film malgré le désintérêt de tous, une critique partagée et un format loin d’être fédérateur.

C’est ainsi que Potemkine, voyant qu’il ne toucherait surement pas un grand public à travers ce film, livre un DVD de simple facture, offrant une simple entrevue comme bonus. Douze minutes durant lesquels le réalisateur, qui est aussi acteur, scénariste et producteur de son film, s’exprime sur l’histoire du film, son parcours à travers les festivals et son bonheur à ce que le film soit diffusé. Fait qui montre particulièrement, ô combien, The Color Wheel est un film insaisissable, pas forcément inintéressant mais qui s’écrase sous une esthétique arty qui apporte un charme certain tout en le desservant.

Bref, vite vu, vite oublié.1 étoile et demi

The Color Wheel, un film réalisé par Alex Ross Perry. Sorti en DVD le 4 mars et distribué par Potemkine.

Un DVD comprenant le film dans sa version originale sous-titrée ainsi qu’une entrevue de douze minutes avec le réalisateur et la bande-annonce.

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