Very Bad Trip 3 de Todd Phillips

THE HANGOVER PART III

Very Bad Trip 3, écrit et réalisé par Todd Phillips
Avec Zach Galifianakis, Bradley Cooper, Ed Helms et Ken Jeong
Durée : 1H40 / Date de sortie : 29 mai 2013

De ce Very Bad Trip 3, ultime acte de la saga commencée il y a quatre ans et toujours dirigée par Todd Phillips, l’on retient deux scènes. Tout d’abord la première, monumentale, qui impose dès le départ le ton, la frénésie et le spectaculaire offert depuis le début de la saga. Sans avoir révolutionné le genre comique, Phillips avait néanmoins réussi, avec le premier volet, à bousculer les conventions sociales, créé de la démence dans un genre galvaudé et vidé de toute nouvelle substance, réussi à supplanter l’irrévérence à Hollywood et redonné les lettres de noblesse au terme «spectacle populaire». Le deuxième volet était quant à lui l’épisode du chaos, de l’échec, qui n’avait rien su réinventer, et déplaçait uniquement son action en Thaïlande, en oubliant tout son scénario et l’originalité primaire de ses gags.

On sent dès le début que Very Bad Trip 3 est un film qui veut imposer son identité et, à l’instar de ses personnages, se cherche avant de totalement s’assumer. Entre comédie lourdingue et film d’action plutôt efficace, ce dernier volet est à la fois une amère déception et une réjouissante séance d’adieu. Rares sont les films à être aussi trash, grinçant que ce que ce Very Bad Trip 3 parvient à faire. Certaines séquences venant à être elles-mêmes des parenthèses si inattendues que le film ne parvient jamais à hisser un certain niveau de cohérence, de fluidité dans le scénario. C’est très bruyant, malheureusement assez criard d’un point de vue artistique (triste preuve qu’il y a encore des gens qui utilisent des filtres jaunes pour représenter le Mexique), mais, étonnamment, un certain plaisir, en même temps qu’un quelconque ennui, se dégage de cet épisode.

Les codes ont changé, pas les personnages, et la situation prend une nouvelle tournure bien plus sérieuse. La gueule de bois est passée mais le passé et son omniprésente nostalgie sont les éléments essentiels du film. L’homme étant poursuivi par la meute faisant partie du récit des deux premiers volets.
En outre, le montage, habituellement très linéaire et ne remontant dans le passé qu’une fois le film terminé (les photos, système épuisé jusqu’à la moelle du flashback), est ici très simplifié et le tout s’en retrouve alors assez fade, vidé de sa substance initiale. Dans cette vague de vacuité s’en suit une direction d’acteurs inexistante. Hormis le duo Zach Galifianakis – Ken Jeong qui porte le film comme il peut vers son accession au panthéon du rire (examen de passage malheureusement raté), les autres acteurs sont en total roue libre et le comique, sans cette direction indispensable, s’en révèle ainsi handicapé. La réussite du duo est le fruit d’un prolongement et d’un approfondissement très clair au niveau de leur personnage respectif et de la relation qu’ils ont. La quête d’identité, chez les deux, hante leur performance et le rire laisse place à une émotion véritable. Une séquence «d’héritage» où les bêtises remontent telles une prise de conscience et le regard d’un enfant interrogatif suffit à comprendre les objectifs du réalisateur : boucler la boucle avec cohérence. Bradley Cooper, alors illustre inconnu au moment du premier volet, n’offre plus rien, Ed Helms se voit offert d’un rôle trop secondaire et John Goodman cabotine, ce malgré son rang de grand acteur qui trône au dessus de lui.

Son début de scénario est alors effacé, les gags de moins en moins présents et la quête s’installe progressivement chez chacun des personnages. Puis une fois le spectacle finit, reste une séquence, dans la lignée de la série, cerise sur le gâteau d’une trilogie bien trop inégale et qui pousse alors le dernier coup d’éclat – le seul – d’un film pas bien dans ses baskets, empreint et envahi par une nostalgie qui rappelle pendant une heure quarante que la série n’atteindra jamais son niveau initial.

Dépouillé de son entière puissance comique mais persévérant dans sa veine malsaine avec une certaine malice, Very Bad Trip 3 est un film qui manque cruellement de liant et d’insolence pour provoquer le fou rire à tout instant, comme il espérait l’atteindre. Ce n’est pas un mauvais film mais c’est ce manque de folie, la frénésie d’une première scène, qui fait que cet ultime volet restera comme un film bien trop anecdotique, agréable sur l’instant et oublié dès lors sorti de la salle.
Tout s’est achevé certes, mais sans le feu d’artifice que l’on attendait.2 étoiles et demi

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