Monstres Academy de Dan Scanlon

Monstres Academy

Monstres Academy, réalisé par Dan Scanlon
Avec les voix VO de Billy Crystal, John Goodman, Helen Mirren et Charlie Day
Scénario : Daniel Gerson, Robert L. Baird et Dan Scanlon
Durée : 1H40 / Date de sortie : 10 juillet 2013

Depuis le rachat de Pixar par Disney, l’ancienne firme achetée par Steve Jobs en 1986 est rentrée dans le rang. C’est un fait, finie la petite entreprise qui pondait chef d’oeuvre sur chef d’œuvre et rares, sinon inexistants, les studios à ne pas avoir connus cette perte de vitesse. Bien que Cars 2 n’ait pas été le succès le plus probant du studio (et même assez détesté par la presse qui n’en voyait qu’une machine marketing), Rebelle avait affirmé la nouvelle identité de Pixar, avec l’ombre de Disney au dessus de la tête. De ce fait, l’on retrouvait une candeur, une innocence quand Pixar avait commencé une réelle noirceur dans son propos, n’hésitant plus à traiter de sujets aussi sombres que l’abandon et la mort, tout en conservant une certaine magie dans son univers.

Avec Monstres Academy, c’est un bond de dix ans que l’on fait sur un merveilleux trampoline où l’on retrouve Bob et Sulli avec un plaisir infini dans un festival chromatique. Maniant les références au college movie avec une aisance folle, plaçant Bob Wazowski, alors qu’une petite boule verte rigolote, dans le rang des perdants, de ces rêveurs qui ne parviendront jamais à leurs fins. De l’autre côté, Jacques Sulli fait figure du rôle de fils de, venu poursuivre le règne de la famille Sulli à la Monstres Université. Logiquement, et assez rapidement, les rôles s’inversent, un duel oppose les deux et dans leur détresse respective ils vont tenter d’unir leurs forces pour se hisser au panthéon de l’école. Dans cette structure, Monstres Academy aurait pu s’imposer un rythme de croisière qui aurait fait de ses magnifiques retrouvailles entre deux des figures indétrônables du grand Pixar un simple film, sans enjeux, sans surprise. Une simple refonte avec quelques gags pour occuper les enfants. Pourtant, une vivacité se crée et la mise en scène pressure quelque chose de grandiose au récit.

A travers multiples mouvements de caméra (l’entrée des athlètes pour les Jeux de la Peur, l’acte final, pur hommage aux films d’horreur des années 70 jouant sur un contraste entre ombre et lumière) et un contrôle total des palettes de couleurs, Monstres Academy n’est plus seulement un prequel banal au chef d’œuvre mais une véritable évolution dans la saga qui a bâti son récit sur le public que le premier avait touché auparavant et qui, désormais, définit les peurs de l’homme sous un angle plus adulte. La séquence monstre du film met elle-même en scène les adultes en face de leur peur. Une lumière lancinante, un lit qui grince, une présence inconnue passant par là, de cette linéature le nouveau Pixar est une splendide chronique d’un genre qui faiblit et qui, de par ses choix esthétiques, rappelle tout un cinéma terrifiant, basé sur l’attente, un décor structural bien défini et un mythe réel. L’enfant qui permettait de jauger de l’énergie pour la ville est ici un peu délaissé pour voir l’accession au pouvoir des héros. Il reste l’ennemi, une sorte de boule auquel l’on ne doit avoir aucune compassion mais désormais l’histoire tient d’avantage du film d’aventures.

Une quête continuelle pour la reconnaissance qui, ponctuée par la magistrale bande-originale de Randy Newman, mêle les thèmes fondamentaux du studio (la recherche d’identité) pour arriver à son point culminant dans l’une des dernières séquences qui, sans surprise, appelle à un vent de grandeur et promet une suite détonnante pour cette nouvelle saga naissante. Parfaitement maîtrisé dans la longueur, très souvent drôle, Monstres Academy a délaissé le facteur de l’émotion pure, à l’inverse de son prédécesseur, pour se diriger davantage vers le rire et l’action. Choix fort honorable mais qui pourtant ne permet jamais au film de surpasser un premier volet qui reste comme l’un des films les plus aboutis et les plus émouvants de l’ère Pixar. On notera aussi quelques clins d’œil au premier métrage comme les apparitions de Léon ou de Germaine qui, bien qu’inexistants dans l’action, font plaisir à voir. Sans jamais dépasser l’humanisme du premier épisode, Monstres Academy n’en demeure pas moins un film universel qui a su allier les références de différentes époques sans jamais être anachronique à une technique irréprochable, symbole une fois de plus de la superpuissance qu’est Pixar dans le vaste et tumultueux univers de l’animation.3 étoiles et demi

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