[Rattrapage] Man of Steel de Zack Snyder

Man of SteelMan of Steel, réalisé par Zack Snyder
Avec Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon et Kevin Costner
Durée : 2H23 / Date de sortie : 19 juin 2013

Malgré notre exaltation à vous parler en juin du nouveau reboot du super-héros créé par Jerry Siegel et Joe Shuster – il est souvent bon de rappeler qui en sont les pères –, le temps nous a manqués et nous voilà donc à en parler alors qu’il sort dans une édition Blu-ray de haute volée.

Dès les premières images de ce Man of Steel, sème le chaos d’un film qui a priori l’on détestera ou admirera. L’imagerie est bancale, les couleurs délavées et les cris d’une mère mettant au monde l’enfant naturel de Krypton rappelle l’incroyable scène d’accouchement des Fils de l’Homme d’Alfonso Cuaron. Auteur inspiré ou simple filmeur ce Zack Snyder ? L’allure crépusculaire de sa première séquence, durant laquelle Snyder filme comme personne une planète en pleine explosion, laisse à penser que le cinéaste se voit tel un étrange mélange entre un Christopher Nolan, loin de son grotesque point de vue politique, et un Terrence Malick, voyant dans la création et la destruction un acte salvateur, imprégné par la présence divine. Superman est un héros divin et il ne l’est presque pas assez répété finalement. La caméra assomme le spectateur pendant deux heures et demi d’un héroïsme à la fois impressionnant et superflu dans le propos, cependant, après une heure et demie de bel ouvrage, où le montage déstructuré à l’extrême de Zack Snyder laisse place à un brouillard visuel monochromique, le film engrangeant alors en puissance massive, en plaisir instantané, ce qu’il perd en simplicité, ce qui était du domaine de l’évocation à l’image.

Film complexifié au travers d’un montage qui conte les péripéties du super-héros dans les différentes périodes de sa jeunesse, Zack Snyder peine à conserver l’innocence de son discours et la certaine beauté qui en découlait pour sombrer dans ce que, du côté de Marvel, Avengers avait fait de pire via quelques blagues que le film essaye d’immiscer dans le récit pour détendre une atmosphère palpable. En tant qu’expérience visuelle et auditive, Man of Steel apparaît comme un monstre opaque, terriblement imposant, dont les faiblesses apparaissent de par son récit, fonctionnel par instant, phases durant lesquelles le film confronte le minimalisme de la mise en scène de son réalisateur, dont les talents en tant que faiseur de film de super-héros ne se sont pas fendus dans l’enfer industriel, et la carrure maximale de son héros, auquel le fascinant Henry Cavill enfile parfaitement le costume. Masse empathique dont le cheminement vers la conscience de l’être qu’il est vraiment semble être l’unique intérêt narratif du film, il trouve ici un rôle à sa mesure, un être froid dont les gestes ont remplacé toute parole et qui, face à une Amy Adams elle aussi très convaincante, demeure réanimé par les êtres qui l’entourent.

Pourtant, dans sa quête intime, c’est bel et bien le duel qui entoure la planète natale de Clark Kent et la Terre qui importe le réalisateur qui, dans sa recherche d’un message quasi-politique, démontre son talent de faiseur d’images plus que de créateur de messages. Après Watchmen dans lequel il n’usait que de la moelle scénaristique et ce avec un talent assez improbable, Man of Steel est à l’image de son metteur en scène : maladroit mais passionné, fastidieux mais impressionnant.

Et c’est dans le bruit et la fureur du combat que Man of Steel s’apprécie. Trouvant un plaisir communicatif à détruire un New York grisonnant – la composition du chef opérateur Amir Mokri sans inspiration s’en ressent à l’image –, Zack Snyder réalise comme avec Watchmen une graduation crescendo des héros vers le chaos dominant. Intense, menant le spectacle pendant près de deux heures vingt avec habilité, mais monolithique à l’extrême, Man of Steel laisse sur le palet du spectateur une certaine amertume, celle d’un grand film malade, gâché par des ambitions auteuristes risibles – surtout venant d’un scénario écrit par Chris Nolan et son comparse David S. Goyer – et les traumatismes que le cinéma hollywoodien continue à traiter avec un alarmisme terrible. A part ça, le spectacle reste assez agréable pour s’extraire des tristes films de super-héros qui apparaissent de plus en plus nombreux sur nos écrans.2 étoiles et demi

Sorti en DVD et en Blu-ray le 23 octobre 2013, Warner nous a autorisé à tester le film dans son édition et si le film n’est pas exactement celui auquel l’on s’attendait, le distributeur livre néanmoins un Blu-ray d’une qualité technique assez exceptionnelle. L’image est sublime et le son, dans une VO et VF extrêmement réussies parvenant à rentabiliser à lui seul l’achat d’un home cinéma. Outre les qualités sonores et visuelles, les bonus sur le Blu-ray ne sont malheureusement que très anecdotiques malgré leur longueur et parfois assez étranges (que fait le Hobbit dans les bonus ?). Il faut alors se rabattre sur la copie digitale pour découvrir le vrai making-of, d’une durée de trois heures qui s’ajoute à la projection du film et qui permet de faire un véritable lien entre l’image et le discours des équipes du film. Il paraît néanmoins assez bizarre de voir un making-of, aussi complet, tout simplement absent du Blu-ray, alors qu’il aurait pu remplacer les quelques bonus qui composent l’exemplaire. Warner confirme encore son talent à maximiser les performances de votre matériel Blu-ray et la bande-annonce de Pacific Rim, présente sur le Blu-ray, nous allèche d’avance !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s