La Stratégie Ender de Gavin Hood

La Stratégie EnderLa Stratégie Ender, réalisé par Gavin Hood
Avec Asa Butterfield, Harrison Ford, Hailee Steinfeld et Viola Davis
Scénario : Gavin Hood, d’après le livre d’Orson Scott Card
Durée : 1h54 / Date de sortie : 6 mars 2014 en DVD et Blu-ray chez Metro Films

Ça ne doit sans doute pas être facile pour un acteur comme Asa Butterfield, révélé par le Hugo Cabret de Martin Scorsese, et encore à l’état d’enfant star, de poursuivre sa carrière chez Gavin Hood après être allé si haut. Ou même pour Hailee Steinfeld qui avait joué pour la première fois chez les frères Coen avec True Grit. Quoiqu’il en soit, bien que ce ratage ne ruinera pas leur carrière respective, une nouvelle fois, les maladresses de Gavin Hood montrent un phénomène plus gênant pour le genre de la science-fiction qui vacille entre des réalisateurs géniaux et des personnages comme Gavin Hood qui acceptent le défi sans jamais s’accommoder aux exigences du genre.

Une forme de rébellion ? Pas vraiment, puisque derrière un potentiel scénaristique certifié, la Stratégie Ender n’est qu’un vulgaire objet cinématographique, putassier et sans enjeux. Le film de Gavin Hood se positionne vers un public en particulier, celui de la jeunesse, et en oublie malheureusement une masse adulte qui pourrait tout autant se passionner pour son récit. Avec son discours  politisé, la Stratégie Ender aurait pu être une très belle surprise. Or, dans sa mécanique, seuls les conflits entre les jeunes guerriers intéressent la caméra de Gavin Hood. Souvent très mal filmées, les oppositions que filment l’Américain paraissent anecdotiques, la partie malheureuse et obligatoire d’un teen-movie à l’extrême. Se positionnant dans la vague des Hunger Games, la Stratégie Ender tente de pénétrer l’esprit du public par son propos et faire oublier son atmosphère clinique.

Ce qui aurait pu être assez intéressant ne l’est pas sous le regard de Gavin Hood. Le catastrophique cinéaste déjà à l’origine de X-Men Origins : Wolverine rappelle qu’il n’est qu’un personnage porté vers l’image et son impact. Désormais entouré d’une équipe technique plus professionnelle, sa direction artistique n’est cependant qu’une vaste réplique de ce qui a déjà été fait dans le genre, encore récemment chez Neill Blomkamp ou dans le film de Joseph Kosinski, Tron l’héritage. Car, il faut reconnaître qu’en changeant simplement le public visé, vers les adolescents, La Stratégie Ender édulcore aussi son message et un impact visuel qui aurait clairement pus se faire plus percutants et clairement plus intéressants pour la psychologie des personnages. Hormis le personnage d’Asa Butterfield, le film de Gavin Hood ne s’intéresse jamais aux seconds rôles et à ce qui les pousse aussi à intégrer le programme dans lequel prend place le film. Des enfants qui tentent d’abattre des monstres menaçants, d’accord. Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il fait le supplément d’âme qui pourrait distinguer le métrage de Gavin Hood ?

Se voulant donc porté vers un univers futuriste, en faisant référence au monde du jeu vidéo et en récitant les postures du genre, la Stratégie Ender rate totalement sa cible. Car c’est avant tout un film qui ne tente rien, au-delà de ses dix dernières minutes où la portée du message politique se fait plus importante. La marque de cette guerre plus instable que le duel manichéen qui s’était dessiné pendant l’intégralité du métrage. Ca n’en fait pas pourtant un bon film, loin de là, mais elles apportent une explication plus claire aux intentions du film. De ce fait, sans enjeux, le casting patine et aucune ampleur ne parvient à se dessiner. Les ambitions visuelles ne sont qu’un leurre à un film de science-fiction qui vogue sur les quelques miettes laissées par l’infâme Hunger Games, en tentant de faire de la figure enfantine l’allégorie d’un monde violent et plus que jamais déshumanisé. Que dire, à part que Gavin Hood se complaît dans une vision auteuriste désolante et que la Stratégie Ender vient s’ajouter à la longue liste des films opportunistes pondus à Hollywood. Après un regain de forme, la science-fiction reste un genre déchiré entre des auteurs géniaux, qui revigorent le genre, et les autres qui ne se font que garants d’un cinéma triste et débilisant.1 étoile

LE BLU-RAY

Si vous avez le courage de regarder le film dans son intégralité, vous ne serez heureusement pas déçus la travail technique une nouvelle fois accomplie par Metropolitan Export. Avec deux pistes Dolby Digital 7.1, anglaise et française, et une image parfaite, le film va embellir votre écran et votre lecteur Blu-ray. Rares sont les éditeurs comme Metro à prendre autant en compte les attentes des spectateurs. Du côté des bonus, c’est pas mal non plus. Un making-of de cinquante minutes, deux commentaires audio et des entretiens des acteurs. Certes, on pouvait clairement s’attendre à mieux, surtout que le ton des entretiens est souvent très anecdotique. Mais, pour la qualité du Blu-ray offert par Metro, on ne peut que les féliciter une fois encore.

Chronique réalisée grâce au DVDTrafic. Si vous souhaitez obtenir des informations concernant le film, il suffit de cliquer ici et là.

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