Northwest de Michael Noer

 
NorthwestNorthwest, réalisé par Michael Noer
Interdit aux moins de 12 ans
Avec Gustav Dyekjaer Giese, Oscar Dyekjaer Giese, Roland Moller et Lena Maria Christensen
Scénario : Michael Noer et Rasmus Heisterberg
Durée : 1h31 / Date de sortie : 18 mars en DVD et Blu-ray chez Bac Films

Michael Noer est un cinéaste talentueux. Soit. Un très efficace metteur en scène, capable au travers d’une approche quasi-documentaire, de trousser un film de gangsters fougueux. Le film passe, comme un roman policier, à travailler le quotidien de ses héros pour arriver à une fin de tragédie grecque. La jeunesse s’effondre, alors que les habitudes comme les bandits demeurent. C’est un peu la morale de ce Northwest. Film simple ou simpliste donc ?

La frontière est mince. En voulant explorer beaucoup de terrains tout en faisant le moins possible à l’écran, Northwest, au-delà de son ambiance scandinave, déroutera le spectateur. Il se distingue du film, un étrange sentiment de contentement et de fatigue. Tout d’abord, Gustav Dyekjaer Giese, acteur non-professionnel, en impose en livrant une performance opaque. Il est en quelque sorte le symbole de ce film, homogène mais très intéressant. Filmer ces gangsters de l’intérieur, sans esbroufe, effets de style tapageurs, c’est tant une réussite qu’un motif de faiblesse. Les productions nordiques n’ont certes pas les moyens américains mais elles n’en démordent pas. D’un autre côté, on peut aussi voir que cette mode de production, où le récit prime sur le style, les personnages et leur force primale sur quelconque sentiment, apparaît aussi comme rapidement fade.

La froideur qui caractérise sans cesse Northwest est aussi celle qui casse toute rythmique, une puissance qui aurait pu pousser dès le départ la proposition de Michael Noer. Sans faire dans le portrait d’un empire naissant, la principale réussite du film est de lier ses deux frères comme les symboliques d’une jeunesse désincarnée, intéressée par l’appât du gain et de l’adrénaline. Noer s’attarde longuement sur cette relation, sans même jamais quitter son idée originale d’un film de gangsters. Mais encore une fois, où part le film finalement ?

Se dégage de Northwest, l’impression d’avoir vécu un film pleinement immersif, aidé par le travail de Michael Noer sur l’ambiance et sa direction d’acteur, mais aussi totalement vain. Northwest ne réinvente rien, ne propose que très peu finalement en termes de récit et compte simplement sur la présence animale de ses protagonistes. Un long-métrage empreint par une violence presque divine, mais destitué de chaleur, d’un supplément d’âme.2 étoiles et demi

LE DVD

Un DVD assez simple signé Bac Films. L’image et le son sont efficaces, de bonne facture pour un DVD. L’intelligence de Bac Films a été de ne proposer qu’une version danoise sous-titrée français pour éviter les catastrophes d’une version française. On compte aussi des scènes coupées commentées et un bonus dans les coulisses pour rapidement comprendre le tournage du film. Efficace dans le fond mais anecdotique.

Critique réalisée dans le cadre du DVDTrafic. Vous pouvez retrouver Northwest sur Cinétrafic et dans la liste des films 2014.

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