The Two Faces of January de Hossein Amini

The Two Faces of JanuaryThe Two Faces of January, écrit et réalisé par Hossein Amini
Avec Viggo Mortensen, Kirsten Dunst, Oscar Isaac et Daisy Bevan
Durée : 1h38 / Date de sortie : 18 juin 2014

De la belle ouvrage. On utilise trop souvent cette expression quand un film ne nous inspire rien d’autre qu’un certain sentiment de beauté. The Two Faces of January est un « beau » film, d’un cinéaste qui a bien vu ses classiques. Ainsi, en cette période de baccalauréat, quoi de mieux que de parler d’un film qui a tout de pédagogique, mais rien de passionnant.

Hossein Amini, dont c’est le premier métrage en tant que réalisateur, a tenu à réaliser un polar à l’ancienne. Scénariste pour Nicolas Winding Refn avec Drive, et pour des blockbusters moins glorieux (47 Ronin), il est parvenu à produire un film dont la beauté plastique est réelle. Prendre comme décor la Grèce, puis Istanbul, donne clairement un cachet au film, une patte à l’instar des films des années 60 qu’il envie tout du long. Le personnage d’Oscar Isaac apparaît comme l’alter-égo du cinéaste. Il envie la femme du personnage principal, interprété par Viggo Mortensen, mais ne peut s’en saisir. Il tourne autour, l’épate, l’appâte mais ne la touche jamais véritablement. Film de l’échec, de la descente aux enfers dans un paysage paradisiaque, The Two Faces of January fait planer pendant près d’une heure et demie un vieux désir de cinéma. Si Hossein Amini amène bien la progression de ce triangle amoureux, sa caméra n’est jamais sensuelle, palpable.

Il est clair que The Two Faces of January est un film ennuyeux, dans lequel son imposant casting ne parvient pas à créer quelque chose d’étonnant. Les performances du trio, dont Oscar Isaac est finalement le grand vainqueur toutes catégories confondues, n’en restent pas moins admirables. Eux seuls parviennent à tenir en haleine un film sans effet de surprise, dénué de consistance narrative et visuelle. Après vingt minutes de plans qui ne dépassent pas le cadre de la carte postale, The Two Faces of January épuise même parce qu’il n’arrive pas à se détourner de sa seule intrigue convenable. Hossein Amini est un amoureux de cinéma, à n’en pas douter. Or, à la manière de ses scénarios, il ne fait montre d’aucune personnalité et se retrouve confronter à la fadeur de chacun de ses scènes. Entre cinéma indépendant et belle production américaine, fabriquée en vain pour trainer dans les festivals, The Two Faces of January souligne le dédain, de plus en plus flagrant, pour un cinéma d’antan, condamné à de quelques codes parfaitement récités par les cinéastes. De ce fait, la complexité des personnages ne dépasse pas la manière de porter le costume chez chacun ou un statut social. Avançant, le film perd en intérêt, s’enterre au moment où la narration doit aller crescendo et ne retranscrit jamais la malice d’un scénario paranoïaque et pas inintéressant.

Malgré l’aridité de son décor, il manque un regard plus âpre par rapport aux personnages, capable de faire dérailler la forme anti-spectaculaire du film. Ce polar est vieux, et non dans le sens cherché par le cinéaste, voûté et sans ampleur. Retenons plutôt cette scène finale, suffisamment belle et silencieuse, entre Oscar Isaac et Viggo Mortensen, comme l’héritage d’un faux-père et son fils, relation qui aurait mérité à être développé, à gagner en douceur ou, à l’inverse, à être plus malsaine. The Two Faces of January, contre des qualités esthétiques indéniables et des prestations remarquables, demeure un échec cuisant sur toute la durée, écœurant d’académisme.1 étoile et demi

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