States of Grace de Destin Cretton

States of GraceStates of Grace, écrit et réalisé par Destin Cretton
Avec Brie Larson, John Gallagher Jr., Stephanie Beatriz et Rami Malek
Durée : 1h41 / Date de sortie : 23 avril 2014 en salles et le 17 novembre 2014 en DVD et Blu-ray chez condor

A l’instar de beaucoup de films indépendants américains, States of Grace est sorti de l’anonymat grâce aux festivals. Passé par Locarno et Deauville, le premier film de Destin Cretton a pu se forger une belle réputation avant sa sortie en salles. Sa sortie en DVD en France, accompagnée d’un accueil critique élogieux, est une bonne chose en ce début d’année. Cependant, si le film affiche de belles qualités tout au long du métrage, ses irrégularités en termes de rythme l’empêchent de pleinement fonctionner sur le spectateur.

Le film tient majoritairement sur la prestation extrêmement convaincante de Brie Larson, figure lumineuse et bien trop ignorée du cinéma indépendant américain. En compagnie de John Gallagher Jr., elle offre une performance nuancée, au gré d’états psychologiques très changeants. La mise en scène de Destin Cretton reste assez distante et ne fait qu’épaissir le mystère au dessus de personnages complexes. Son regard sur la jeunesse qu’il filme est constamment bienveillant, et c’est l’atout de ce States of Grace, en ne tombant pas dans les pièges désignés du cinéma social. Cretton ne filme que des jeunes qui tentent eux-mêmes de s’en sortir, en apprenant à nouveau à contrôler des colères vives et souvent extravagantes. L’heureuse surprise du film est donc de ne pas montrer des jeunes menaçants, mais de se concentrer sur les origines de leur violence, notamment à travers le cas de la jeune Jayden. L’écho avec la jeunesse de Grace apporte un peu d’épaisseur à un film qui, souvent, transporte péniblement sa mélancolie. C’est encore une fois lorsque la caméra se focalise sur les états et les errances de son héroïne que la caméra de Destin Cretton trouve une certaine justesse.

La relation troublante entre elle et les enfants qu’elle gère en fait autant une mère qu’une soeur. Chez chacun elle trouve une humanité, qui transparait ici dans le film. Pour une fois, saluons une traduction française qui remet au centre du jeu les thématiques principales du film. Derrière les états de son héroïne, il y a aussi ce triomphalisme silencieux que capte lors de jolies séquences au ralenti le jeune cinéaste, un état de grâce et de liberté. Malgré des problèmes de rythme et une empreinte visuelle des films Sundance qui colle un peu trop à la peau du film, ce premier métrage reste néanmoins une jolie ballade en quête de lumière dans un lieu qui respire le chaos intérieur. A défaut d’être mémorable, States of Grace fait son petit effet grâce à la beauté tempétueuse de Brie Larson.3 étoiles

States of Grace s’extirpe de nombreux films traitant de l’adolescence, son édition DVD aussi. Avec un visuel  et des bonus très minimalistes, Condor Entertainment offre une toute petite édition au film de Destin Cretton, avec un léger making-of d’une vingtaine de minutes et des scènes coupées. L’image et le son ne sont pas excellents (il faut plutôt voir la version Blu-ray pour trouver cela) mais ils conviennent très bien pour un film de ce genre, plutôt paisible.

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