Broadway Therapy de Peter Bogdanovich

Broadway TherapyBroadway Therapy, réalisé par Peter Bogdanovich
Avec Imogen Poots, Owen Wilson, Illeana Roberts et Kathryn Hahn
Scénario : Peter Bogdanovich et Louise Stratten
Durée : 1h33 / Date de sortie : 22 avril 2015

Si la transition vers le XXIème siècle n’a pas forcément aidé les maîtres de la comédie, il est aussi heureux – et c’est cruel – de voir que leurs héritiers et les faiseurs d’antan n’ont pas repris plus aisément le flambeau. La récente filmographie de Woody Allen a beau être en dents de scie, il n’en demeure pas moins qu’elle est parcourue d’oeuvres géniales, étonnantes dans leur noirceur ou leur candeur, et surtout frappantes par leur contemporanéité (Blue Jasmine). Avec Broadway Therapy, Peter Bogdanovich, arrivé dans le cinéma en même temps que le brillant artiste new-yorkais, revient au cinéma après treize ans d’absence. Période durant laquelle le cinéma et le monde ont globalement changé, mais pas sa mise en scène ni même son écriture des moeurs et de la profession. Le réalisateur de 75 ans s’est offert un casting éblouissant, bien aidé par un scénario écrit avec un certain panache et des dialogues parfois extraordinaires.

Bogdanovich navigue entre deux mondes de cinéma et d’art qui paraissent alambiqués et vieillots, l’alliance des deux fait quelquefois effet. Il conserve les marques de fabrique de Woody Allen, pas les plus glorieuses (des notes de jazz agaçantes ou un montage risible), et tente de les faire briller pour ses têtes d’affiche. Imogen Poots est, sans conteste, l’actrice qui s’en sort le mieux, avec un rôle qu’elle porte très joliment. Un accent étrange et une candeur qui marchent immédiatement sur le spectateur, qui font de son ascension atypique un véritable récit d’initiation, parcourue de quiproquos et de séquences comiques que l’on ne retrouve plus chez le Allen d’aujourd’hui.

Cependant, Broadway Therapy subit aussi l’excellence de son écriture pour une mise en scène qui s’avère inexistante. Les effets de style sont dépassés et la mise en avant de ses dialogues ne se fait que par le biais de champs/contrechamps vite répétitifs. Bogdanovich approche souvent de très près le théâtre filmé, mettant à l’image des couples qui se débattent et qui se retrouvent rassemblés dans un seul et même cadre. Etait-ce l’intention de départ ? Pas sûr, mais il est clairement dommage que la force de l’écriture n’ait pas pu engendrer un emballage aussi ravissant. Finalement, le film se fait décousu et paye ses errances comiques, en alternant ses situations de vaudeville et une vision plus sérieuse du métier d’acteur. On ne peut que sentir la passion du faiseur derrière les images et l’enchevêtrement des références, avec la Folle Ingénue de Lubitsch en point d’orgue, mais cela ne permet pas de débarrasser de nos esprits cette impression d’avoir vu un film sans direction ni trait particulier pouvant le distinguer des – trop – nombreuses relectures de la comédie bourgeoise new-yorkaise.2 étoiles et demi

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